Ceci est la troisième partie de l'entretien que j'ai réalisé avec Ellis Amdur, instructeur en arts martiaux traditionnels japonais et psychologue spécialiste des situations de crise. Dans cette section, Ellis et moi discutons de son travail en tant que professionnel de la désescalade de la violence, de ses stratégies, de l'influence de sa formation en arts martiaux sur son travail et de la pertinence des arts martiaux, en particulier l'Aïkido, en termes de lutte contre la violence et de la promotion de la morale. Cette partie de l'entretien est très intéressante pour moi car elle touche plusieurs sujets scientifiques et moraux très importants à mes yeux. J'espère que cette section servira à la fois d'introduction approfondie aux idées de M. Amdur, ainsi que de point de départ pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur les mécanismes neuronaux face à la peur, la colère et la violence. Pour aider le lecteur, j'ai essayé de référencer tout le travail que nous citons tout au long de cette discussion. La lecture de la partie 1 (biographie) et la partie 2 (point de vue sur l'aikido et les arts martiaux traditionnels) de cet entretien sont fortement conseillées pour pouvoir bien aborder cette troisième partie.
Ellis Amdur est l'un des auteurs les plus importants et les plus prolifiques du monde des arts martiaux. Il a vécu de nombreuses années au Japon dont il a appris les systèmes de combat traditionnels et il est l'un des rares Occidentaux détenteurs d'un brevet d'enseignement non pas dans un, mais deux koryu (écoles traditionnelles), à savoir, l'Araki-ryu et le Toda-ha Buko-ryu. Ellis a également étudié l'aïkido avec des pionniers comme Yamada Yoshimitsu et Terry Dobson, ainsi qu'à l'Aikikai de Tokyo. Ellis Amdur a reçu son B.A. et son M.A en psychologie de l'Université de Yale et l'Université de Seattle, respectivement. Dans cette série d'entretiens, je vais essayer de présenter ce personnage complexe, en partant de son parcours martial au Japon, puis en m'attaquant à ses vues sur le monde des arts martiaux, et enfin, en tentant de couvrir son activité en tant que professionnel de la résolution des situations de crise.
Ceci est le deuxième volet de l'entretien, le premier volet est disponible sur le site de mon ami Ivan Bel.
Comme chaque année, j'ai retrouvé mes collègues et amis du Hombu Dojo un beau matin d'Avril à la gare de Ueno pour partir en direction de la ville d'Iwama dans la province d'Ibaraki. Là-bas se déroulait la célébration annuelle de l'Aiki-Jinja Tai-Sai, la cérémonie en mémoire du fondateur de l'Aikido Morihei Ueshiba et de son fils, le second Doshu Kisshomaru Ueshiba.
Je suis récemment entré en contact avec Ellis Amdur lorsque je faisais les recherches pour mon article sur l'histoire et les usages du hakama. Ellis m'a très gentiment répondu, aiguillé, et apporté des éléments d'information qui ont fait que mon article a été très favorablement reçu par ma hiérarchie en Daito-ryu Aiki-jujtsu. Suite à cela, Ellis, m'a demandé si je souhaitais participer à sa colonne sur AikiWeb It Had To Be Felt ». Honoré par sa demande, je me suis bien sur exécuté et j'ai écrit un récit sur mon expérience comme deshi d'Alan T. Ruddock, un élève direct d'O Sensei Morihei Ueshiba (traduit en Francais sur ce site). Décidé de lui renvoyer la balle en faisant une interview avec lui et j'ai commencé à préparer mes questions. A peine avait-je commencé que mon ami Ivan Bel m'a contacté pour me faire part d'une idée similaire. Nous nous sommes donc décidé à faire d'une pierre deux coups et de publier cette longue interview en plusieurs parties sur nos deux sites respectifs.
Miyamoto Tsuruzo shihan est un instructeur 7e dan du Hombu Dojo de l'Aikikai de Tokyo. Il vient en France régulièrement depuis 2006 dans les grandes villes du sud dont Bordeaux, Toulouse, Montpellier et Lyon, attirant à chaque fois de plus en plus de pratiquants conquis par sa technique riche, sa pédagogie très développée, et sa bonne humeur communicative. Miyamoto Sensei est un de mes professeurs préférés (c'est lui qui m'a remis le 4e Dan) et je suis donc très heureux de pouvoir vous le présenter via cet interview. Elle a été réalisée par un collègue de Kyoto, Emmanuel Maries, qui pratique sous la direction d'Okamoto Yoko Sensei. C'est lors d'un de ces stages à Montpellier que nous en avons profité pour poser des questions au sujet de sa pratique.
En surface, la cérémonie du thé semble se résumer à un ensemble de règles ; il existe des règles sur la façon de marcher, de s'asseoir, de saisir un plateau, un bol, ou une louche, de boire le thé, ou bien sur ce qu'il faut dire avant et après que le thé soit bu. L’ensemble des composants de la cérémonie apparaît comme strictement délimité, comme dans un long kata, ou une série de kata, et changeant avec les saisons et les meubles.
J'ai récemment commencé à réfléchir sur le sens et les implications de la relation entre sempai et kohai suite à une expérience un peu bizarre que j'ai eue durant un récent séjour à Tokyo. J'avais prévu d'aller boire un verre avec des vieux amis que je n'avais pas vu depuis des années, alors qu'ils étaient en séjour eux aussi dans la capitale nippone. Nous avions rendez-vous dans un bar et lorsque je suis arrivée, pendant que je saluais l'assemblée, je me retrouvai devant une femme que je n'avais rencontrée qu'une seule fois auparavant. Elle ne me serra pas la main, ni me pris dans ses bras comme nous le faisons d'habitude aux États-Unis, mais au lieu de cela, elle me fit face et s'inclina à la japonaise en disant "Je suis contente de vous revoir sempai". Pour une raison que je ne compris pas sur le moment, je trouvai son attitude très énervante et je fis de mon mieux pour éviter cette femme pendant tout le reste de la soirée. Plus tard, je me senti coupable d'avoir été si impolie, et j'essayai de réfléchir à ce qui m'avaient tant énervée sur le moment.