L'Aïkido (合気道) est un art martial japonais créé à la fin des années cinquante par O Senseï Moriheï Ueshiba. Aïkido veut dire "la voie de l'union des énergies". Au travers de la pratique de l'Aïkido, j'ai eu l’opportunité de faire des rencontres formidables et à chaque fois que j'ai dû changer de pays ou ce ville, ce fut toujours la pratique de l’Aïkido qui ancra ma vie et me permis de m'intégrer. Cette section contient de nombreux articles et entretiens écrits au cours des années au fur et à mesure de ces rencontres.
Ceci est la troisième partie de l'entretien que j'ai réalisé avec Ellis Amdur, instructeur en arts martiaux traditionnels japonais et psychologue spécialiste des situations de crise. Dans cette section, Ellis et moi discutons de son travail en tant que professionnel de la désescalade de la violence, de ses stratégies, de l'influence de sa formation en arts martiaux sur son travail et de la pertinence des arts martiaux, en particulier l'Aïkido, en termes de lutte contre la violence et de la promotion de la morale. Cette partie de l'entretien est très intéressante pour moi car elle touche plusieurs sujets scientifiques et moraux très importants à mes yeux. J'espère que cette section servira à la fois d'introduction approfondie aux idées de M. Amdur, ainsi que de point de départ pour ceux qui souhaiteraient en savoir plus sur les mécanismes neuronaux face à la peur, la colère et la violence. Pour aider le lecteur, j'ai essayé de référencer tout le travail que nous citons tout au long de cette discussion. La lecture de la partie 1 (biographie) et la partie 2 (point de vue sur l'aikido et les arts martiaux traditionnels) de cet entretien sont fortement conseillées pour pouvoir bien aborder cette troisième partie.
Ellis Amdur est l'un des auteurs les plus importants et les plus prolifiques du monde des arts martiaux. Il a vécu de nombreuses années au Japon dont il a appris les systèmes de combat traditionnels et il est l'un des rares Occidentaux détenteurs d'un brevet d'enseignement non pas dans un, mais deux koryu (écoles traditionnelles), à savoir, l'Araki-ryu et le Toda-ha Buko-ryu. Ellis a également étudié l'aïkido avec des pionniers comme Yamada Yoshimitsu et Terry Dobson, ainsi qu'à l'Aikikai de Tokyo. Ellis Amdur a reçu son B.A. et son M.A en psychologie de l'Université de Yale et l'Université de Seattle, respectivement. Dans cette série d'entretiens, je vais essayer de présenter ce personnage complexe, en partant de son parcours martial au Japon, puis en m'attaquant à ses vues sur le monde des arts martiaux, et enfin, en tentant de couvrir son activité en tant que professionnel de la résolution des situations de crise.
Ceci est le deuxième volet de l'entretien, le premier volet est disponible sur le site de mon ami Ivan Bel.
Comme chaque année, j'ai retrouvé mes collègues et amis du Hombu Dojo un beau matin d'Avril à la gare de Ueno pour partir en direction de la ville d'Iwama dans la province d'Ibaraki. Là-bas se déroulait la célébration annuelle de l'Aiki-Jinja Tai-Sai, la cérémonie en mémoire du fondateur de l'Aikido Morihei Ueshiba et de son fils, le second Doshu Kisshomaru Ueshiba.
Je suis récemment entré en contact avec Ellis Amdur lorsque je faisais les recherches pour mon article sur l'histoire et les usages du hakama. Ellis m'a très gentiment répondu, aiguillé, et apporté des éléments d'information qui ont fait que mon article a été très favorablement reçu par ma hiérarchie en Daito-ryu Aiki-jujtsu. Suite à cela, Ellis, m'a demandé si je souhaitais participer à sa colonne sur AikiWeb It Had To Be Felt ». Honoré par sa demande, je me suis bien sur exécuté et j'ai écrit un récit sur mon expérience comme deshi d'Alan T. Ruddock, un élève direct d'O Sensei Morihei Ueshiba (traduit en Francais sur ce site). Décidé de lui renvoyer la balle en faisant une interview avec lui et j'ai commencé à préparer mes questions. A peine avait-je commencé que mon ami Ivan Bel m'a contacté pour me faire part d'une idée similaire. Nous nous sommes donc décidé à faire d'une pierre deux coups et de publier cette longue interview en plusieurs parties sur nos deux sites respectifs.
Miyamoto Tsuruzo shihan est un instructeur 7e dan du Hombu Dojo de l'Aikikai de Tokyo. Il vient en France régulièrement depuis 2006 dans les grandes villes du sud dont Bordeaux, Toulouse, Montpellier et Lyon, attirant à chaque fois de plus en plus de pratiquants conquis par sa technique riche, sa pédagogie très développée, et sa bonne humeur communicative. Miyamoto Sensei est un de mes professeurs préférés (c'est lui qui m'a remis le 4e Dan) et je suis donc très heureux de pouvoir vous le présenter via cet interview. Elle a été réalisée par un collègue de Kyoto, Emmanuel Maries, qui pratique sous la direction d'Okamoto Yoko Sensei. C'est lors d'un de ces stages à Montpellier que nous en avons profité pour poser des questions au sujet de sa pratique.
En surface, la cérémonie du thé semble se résumer à un ensemble de règles ; il existe des règles sur la façon de marcher, de s'asseoir, de saisir un plateau, un bol, ou une louche, de boire le thé, ou bien sur ce qu'il faut dire avant et après que le thé soit bu. L’ensemble des composants de la cérémonie apparaît comme strictement délimité, comme dans un long kata, ou une série de kata, et changeant avec les saisons et les meubles.
J'ai récemment commencé à réfléchir sur le sens et les implications de la relation entre sempai et kohai suite à une expérience un peu bizarre que j'ai eue durant un récent séjour à Tokyo. J'avais prévu d'aller boire un verre avec des vieux amis que je n'avais pas vu depuis des années, alors qu'ils étaient en séjour eux aussi dans la capitale nippone. Nous avions rendez-vous dans un bar et lorsque je suis arrivée, pendant que je saluais l'assemblée, je me retrouvai devant une femme que je n'avais rencontrée qu'une seule fois auparavant. Elle ne me serra pas la main, ni me pris dans ses bras comme nous le faisons d'habitude aux États-Unis, mais au lieu de cela, elle me fit face et s'inclina à la japonaise en disant "Je suis contente de vous revoir sempai". Pour une raison que je ne compris pas sur le moment, je trouvai son attitude très énervante et je fis de mon mieux pour éviter cette femme pendant tout le reste de la soirée. Plus tard, je me senti coupable d'avoir été si impolie, et j'essayai de réfléchir à ce qui m'avaient tant énervée sur le moment.
Etant scientifique de formation, les démonstrations d'arts martiaux mettant en évidence les projections à distance m'ont toujours laissé dans une perplexité amusée. Je me suis d'ailleurs exprimé sur le sujet il y a quelques années dans mon article sur l'esprit critique en aikido. Là ou je ne rigole plus du tout par contre, c'est lorsque certains individus essaient de justifier l'existence d'une énergie mystique par le truchement d'une méthodologie pseudo-scientifique frauduleuse et publient leurs résultats dans un torchon non-évalué par des pairs, en espérant faire passer cela comme de la science. Ceci mis de coté, je suis récemment tombé sur un article de Niall Matthews, un élève très proche du regretté Arikawa Sadateru, qui appelait au respect des maitres qui démontrent ce genre de techniques. Connaissant les techniques très rationnelles, directes et redoutablement efficaces d'Arikawa Sensei, à l'antithèse de l'esbroufe de foire, je ne pus que me pencher sur le texte de Matthews avec attention. Je ne suis pas forcément d'accord avec la conclusion, mais ce texte est pour moi la meilleure justification que j'ai lue jusqu'ici à ce sujet. Bien entendu, l'auteur ne propose pas de justifier l'existence d'une force mystique intangible, mais par contre, il offre une perspective intéressante sur le respect quant au parcours de ces maitres et il apporte un peu de lumière sur les liens d'empathie qui doivent être en place entre maitre et élève pour permettre ce genre de performances. Je vous propose de lire ici la version traduite en Français de ce texte. Je voudrais remercier sincèrement Niall Matthews d'avoir aimablement accepté de me laisser traduire et publier ici son texte.
Cet article est la traduction d'un papier que j'ai écrit à la demande d'Ellis Amdur pour sa colonne mensuelle dans AikiWeb « It Had To Be Felt » (il fallait le ressentir). Ellis m'a demandé i y a quelque temps si cela m'intéresserait de contribuer à son projet et bien que j'ai été flatté par sa demande, je me suis senti un peu embarrassé étant donné mon manque d'expérience par rapport aux autres contributeurs de ladite colonne (Ellis Amdur, Henry Ellis, Peter Goldsburry, Robert Mustard et bien d'autres). De plus, mon parcours est tel que j'ai un peu de mal à me réclamer d'un professeur en particulier, ou même de revendiquer une proximité particulière ou une période d'étude prolongée avec l'un d'eux. Pourtant, après avoir réfléchi un moment, je me dis que peut-être, il y avait une personne à propos de laquelle je pouvais m'exprimer d'une façon qui ait du sens. Cette personne est Alan Ruddock, l'un des rares étrangers à avoir été l'élève direct du fondateur de l'aikido Morihei Ueshiba. Alan est décédé de façon subite l'an dernier au terme d'une grave maladie qu'il n'avait pas cru bon de me confier, ce malgré notre solide amitié. Son décès m'a profondément affecté, au point que je ne me suis pas exprimé depuis. Je n'ai d'ailleurs même pas pu trouver la force de participer au recueil d'hommages qui fut collecté par ses élèves suite à son décès. Je le regrette aujourd'hui. Alan fut l'un des rares professeurs que j'ai considérés comme mon maitre et c'est donc la demande inattendue d'Ellis qui m'a finalement permit de crever l'abcès et d'écrire au sujet de mon expérience avec lui. Je remercie donc sincèrement Ellis Amdur pour l'opportunité qu'il m'a donnée de m'exprimer au sujet de quelqu'un qui fut plus qu'un maitre, un ami, et qui sans qui je ne ferais peut être plus d'aikido.
André Nocquet est un homme de sport et de lettres, ancien résistant, et aussi un pionnier des arts martiaux. Il est l'un des premiers élèves étrangers de Moriheï Ueshiba et le tout premier à avoir vécu sous le toit du fondateur de l'Aïkido. Fort de cette expérience, il a énormément contribué au développement de l'Aïkido, aussi bien au Japon qu'en Europe. J'ai publié quelques articles inédits de Maître Nocquet, ainsi que des vidéos d'archives présentant son séjour au Japon et son travail pour la promotion de l'Aïkido et des Budo en France. Il m'a semblé nécessaire de compléter ces documents avec une biographie de l'homme, car sa vie avant le Japon est au moins tout aussi extraordinaire que son voyage pionnier dans le monde de l'Aïkido. Malheureusement, les sources d'information sont assez rares et parfois contradictoires. Cet article présente les éléments qui m'ont semblé les plus exacts. Je tiens à remercier sincèrement monsieur Michel Nocquet, le fils d'André Nocquet Senseï, qui a gentiment accepté de relire cet article pour y relever les inexactitudes.