Menu

Joe Curran

Pour son troisième séjour en Tunisie, Joe Curran l'actuel président du British Aikikai (Birankai), fit profiter les aikidokas de l'Association Sahélienne d'Aikido de son savoir-faire pendant toute une semaine. Fidèle parmi les fidèles, Joe Curran nous fit évidement pratiquer l'Aikido selon l'enseignement de Chiba Kazuo Sensei, le directeur technique du Birankai. Pendant tout le stage, Joe Curran insista sur les trois notions, du quand, du où et du comment lors de l'exécution de toute technique. Le premier principe, quand, correspond à la notion de timing, anticiper sur l'attaque sen sen no sen, simultané sen no sen et enfin go no sen. Le correspond à la distance, l'angle et le positionnement du corps par rapport à uke. Enfin, comment, c'est l'application de la technique appropriée, qu'elle soit une immobilisation ou une projection. Les cours eurent lieu toute la semaine à Sousse mais certains instructeurs de Tunis firent le déplacement afin de bénéficier du savoir-faire du maître. La semaine se termina par une démonstration en plein air au bord de la plage. Joe Curran eut également la gentillesse de nous accorder une petite interview.

J'ai commencé l'étude de l'Aikido vers 1969. Je pratiquais le Judo avec Abbe Kenshiro Sensei

Guillaume Erard : Comment avez-vous découvert l'Aikido ?

Joe Curran : J'ai commencé l'étude de l'Aikido vers 1969. Je pratiquais le Judo avec Abbe Kenshiro Sensei, 8e dan et fondateur du Kyu Shin Do. J'appris que celui-ci avait également étudié l'Aikido et fut le premier à l'introduire au Royaume-Uni. C'est d'ailleurs grâce à lui que Chiba Sensei vint plus tard en Grande-Bretagne. Après cela, j'ai donc décidé d'en apprendre plus sur cet Art, mais il y avait très peu de livres disponibles sur ce sujet à l'époque.

Un jour, alors que je participais à une compétition de Judo, je m'assis entre deux combats à côté d'un type assez petit et malingre. Il était en pleine lecture d'un numéro de Black Belt magazine, qui était une publication de grande qualité à l'époque. Je lui demandai si je pouvais le parcourir. Je lus un moment puis nous nous séparâmes. Un peu plus tard, je vis une publicité pour un dojo d'Aikido dans un journal et je décidai de le visiter, c'était en Écosse. Le professeur m'avait l'air étrangement familier. Je m'inscrivis le soir même et découvris que l'enseignant était en fait le type avec le magazine que j'avais rencontré à la compétition de Judo. Son nom était monsieur Coyle.

Guillaume Erard : Pourquoi avez-vous décidé de vous concentrer sur l'Aikido ?

Joe CurranJoe Curran : J'avais essayé le Karaté, la lutte et plusieurs autres choses comme la culture physique. J'adorais la culture physique, mes héros étaient des sportifs comme Steve Reeves, Léo Robert et bien d'autres. Je trouvais en l'Aikido un défi supplémentaire, mental celui-là. J'étais plutôt costaud pour ma taille, mais je m'aperçus que je ne pouvais pas empêcher des gens comme Chiba Sensei de me jeter par terre comme une serpillière, même en y mettant toute ma force. En fait, je m'aperçus beaucoup plus tard que mon attitude physique et mentale (j'étais très compétitif) était en fait contre-productive pour mon étude de l'Aikido.

Pour moi, l'Aikido est une source inépuisable de savoir et je pense que je pourrais encore m'entraîner pendant 30 ans et ne jamais en voir la fin. C'est en fait ce qui me fascine, la sensation que peu importe le nombre d'années que l'on y passe, l'Aikido a toujours quelque chose à nous apprendre sur nous-mêmes.

Guillaume Erard : Comment avez-vous rencontré Chiba Sensei et quelle fut votre première impression lorsque vous l'avez rencontré ?

Ma première impression de Chiba Sensei fut que ses mouvements sur le tatami me rappelaient ceux d'un animal élégant et puissant comme une panthère.

Joe Curran : Monsieur Coyle était membre du groupe appelé le Renown Aikido Society. Ce groupe était basé au Hut Dojo, près de Londres. Beaucoup des pionniers de l'Aikido tels que Henry Ellis, Haydn Foster et Derek Eastman Sensei s'entraînaient là-bas. Monsieur Coyle avait décidé d'approcher Chiba Sensei afin de rejoindre ce groupe. Un jour, nous nous entassâmes dans une voiture et allèrent nous entraîner à Chiswick, là où le Hut Dojo se trouvait.

Ma première impression (et elle est toujours présente en moi) de Chiba Sensei fut que ses mouvements sur le tatami me rappelaient ceux d'un animal élégant et puissant comme une panthère. Il avait entre 26 et 27 ans à l'époque et était alors au top de sa forme. Je trouvai incroyable qu'il pût faire preuve de tant de puissance dans sa pratique malgré le fait qu'il n'était pas un homme massif. Je sus tout de suite que j'avais affaire à quelqu'un de spécial. Lors de ma pratique du Judo, j'avais rencontré beaucoup de grands professeurs, mais Chiba Sensei était tout à fait unique en son genre.

Il enseignait juste en faisant la technique. L'entraînement était très intensif et j'avais souvent mal partout lorsque je rentrais chez moi après un cours. Aller voir Chiba Sensei était comme une drogue. C'est un homme très charismatique et il a une présence telle que les gens se sentent soit attirés, soit totalement intimidés par lui.

Sous Chiba Sensei c'était très dur, tant physiquement que mentalement. Il y avait également d'autres facteurs aggravants comme le manque de sommeil et quelquefois trop d'alcool.

Guillaume Erard : Comment était l'entraînement à l'époque ?

Joe Curran : Sous Chiba Sensei c'était très dur, tant physiquement que mentalement. Il y avait également d'autres facteurs aggravants comme le manque de sommeil et quelquefois trop d'alcool. Je me souviens qu'en de nombreuses occasions, durant des stages, j'ai dû dormir sur le sol, sous des ponts, etc. Une fois, alors que je me rendais de nuit à un stage à Chiswick, je me suis endormi au volant et j'ai heurté la barrière de sécurité centrale. Évidemment, j'ai été secoué. Une autre fois, moi et mon partenaire étions tellement fatigués que Chiba Sensei nous ramena à son appartement Londonien et madame Chiba nous prépara un repas accompagné d'une bière et encore plus important, un bon bain pour diminuer la douleur. Trente ans après, je peux encore sentir l'effet apaisant de l'eau sur mes membres endoloris.

Guillaume Erard : Qui était en charge de l'enseignement de l'Aikido au Hut Dojo ?

Joe Curran : Je ne m'entraînais pas au Hut mais en Écosse avec monsieur Coyle, le dirigeant du Makotokai. Mes premiers contacts au Hut furent Hamsih McFarland et Haydn Foster. Monsieur Coyle rejoint ensuite Chiba Sensei, puis Saito Sensei et il dirige actuellement son propre groupe.

Guillaume Erard : Vous n'avez pas mentionné Ken Williams (NDLR : Le plus ancien pratiquant d'Aikido au Royaume uni) avait-il déjà quitté le Hut à l'époque où vous étiez là-bas ?

Joe Curran : Je n'ai jamais rencontré monsieur Williams et je ne sais que peu de choses à son sujet même si j'ai évidemment entendu parler de lui.

Guillaume Erard : L'histoire de l'Aikido britannique est extrêmement mouvementée. Pourriez-vous nous expliquer pourquoi vous avez décidé de fonder le British Aikikai et demandé à Chiba Sensei d'en assurer la direction technique plutôt que de prendre place dans la fédération menée par Kanetsuka Sensei ?

Personnellement, je choisis de rester avec la British Aikido Federation, car en dépit d'un grand malaise, je me sentais obligé de respecter ma promesse faite à Chiba Sensei de soutenir Kanetsuka Sensei.

Joe Curran : En 1976, Chiba Sensei décida de retourner au Japon. Lors d'un dîner à Londres, Sensei annonça que son successeur au poste de directeur technique de l'Aikikai de Grande-Bretagne (British Aikido Federation, BAF) serait Minoru Kanetsuka Sensei. Il demanda alors à tous les hauts gradés de la British Aikido Federation d'apporter leur support total à Kanetsuka Sensei. Monsieur Kanetsuka dit qu'il était privilégié et honoré et demanda à ces gradés leur aide afin de continuer le travail de Chiba Sensei. Pendant un bout de temps, les choses allèrent bien, mais quelques personnes ressentirent au bout d'un moment que sous la direction de Kanetsuka Sensei, la British Aikido Federation fonctionnait mal. Un groupe mené par monsieur William Smith, 6e dan Shihan, décida de se séparer de la British Aikido Federation pour former le United Kingdom Aikikai (UKA).

Personnellement, je choisis de rester avec la British Aikido Federation, car en dépit d'un grand malaise, je me sentais obligé de respecter ma promesse faite à Chiba Sensei de soutenir Kanetsuka Sensei. Il devint pourtant évident que je ne pouvais plus le supporter et je décidai donc de quitter la British Aikido Federation pour rejoindre l'United Kingdom Aikikai. Si je n'avais pas fait cela, j'aurais probablement arrêté l'Aikido.

Je me retrouvai dans le groupe de monsieur Smith dans une situation beaucoup plus proche de celle dans laquelle j'étais lorsque Chiba Sensei était en charge de la British Aikido Federation. Plus tard, Chiba Sensei devint même le directeur technique de l'United Kingdom Aikikai. Ce fut fantastique de pouvoir s'entraîner une fois de plus sous sa direction. Quelques années plus tard, l'United Kingdom Aikikai décida de se passer de Chiba Sensei. À la suite de cet évènement quelques-uns de ses anciens élèves quittèrent l'United Kingdom Aikikai et s'affilièrent à Chiba Sensei par l'intermédiaire de la United States Aikido Federation (Western Region) [Chiba Kazuo avait était parti quelques années avant pour San Diego et demeure à ce jour là-bas où il est le dirigeant du San Diego Aikikai afin de pouvoir maintenir le contact avec le Japon.

En 2007, Chiba Sensei me nomma président du British Aikikai.

Je décidai de suivre mon professeur et je démissionnai de l'United Kingdom Aikikai. Bien que nous n'avions pas l'intention de créer une nouvelle organisation, le British Aikikai se forma avec Chiba Sensei comme directeur technique. Sensei me nomma Shidoin et me demanda de devenir le représentant du British Aikikai au sein du British Aikido Board (BAB) [le BAB est le seul organisme reconnu par l'état pour l'Aikido, il regroupe toutes les écoles de Grande-Bretagne pour les affaires concernant entre autres les qualifications d'enseignement, de premiers secours et les assurances NDLR]. Lorsque Mike Holloway, le gérant du British Aikikai démissionna, je fus élu pour 7 ans. En 2007, Chiba Sensei me nomma président du British Aikikai.

Guillaume Erard : Quelles étaient les raisons principales de votre mécontentement au sein de la British Aikido Federation lorsque celui-ci était sous la direction de Kanetsuka Sensei ?

Joe Curran : Moi et quelques-uns de ses membres avancés pensions que la structure technique, administrative et politique de la British Aikido Federation n'était pas en accord avec notre conception de ce que l'organisation devait faire pour la pratique de l'Aikido tel que nous l'enseignions. Nous en avions en particulier après certains individus membres de l'organisation.

Guillaume Erard : Pourquoi est-ce que l'United Kingdom Aikikai décida de se passer de la direction technique de Chiba Sensei ?

Joe Curran : Je n'ai jamais participé aux discussions qui ont pris place avant ou après le départ de Chiba Sensei de l'United Kingdom Aikikai. Cela dit, j'ai une opinion personnelle, mais elle n'est peut-être pas valide. Je pense qu'il faudrait que vous demandiez cela à monsieur Jones (NDLR : Gordon Jones est le codirecteur de l'United Kingdom Aikikai).

Guillaume Erard : Quelles sont vos relations avec l'United Kingdom Aikikai à ce jour ?

Joe Curran : Les deux organisations ont comme lien qu'elles ont toutes deux été dirigées par Chiba Sensei. La plupart des instructeurs principaux de l'United Kingdom Aikikai sont des anciens élèves de Chiba Sensei. Nous avons cela en commun. Bien qu'il y ait des contacts à titre personnel entre les membres de l'United Kingdom Aikikai et du British Aikikai, les contacts entre nos groupes au niveau national sont limités.

Guillaume Erard : Par rapport à la situation en France, il y a beaucoup plus de diversité de styles et d'organisation au Royaume-Uni. Un nombre significatif de dojos ne sont pas affiliés à l'Aikikai, mais à d'autres organisations comme le Yoshinkan, le Ki No Kenkyukai, Iwama, etc. Connaissez-vous les raisons de cette différence ?

Joe Curran : Je ne saurais trop dire pourquoi. J'imagine que beaucoup de ces groupes n'ont pas de lignage direct avec le fondateur Moriheï Ueshiba O Sensei. Il y a aussi cette histoire de styles. Plutôt que d'apprécier le fait que l'Aikido a plein de formes différentes, ce qui est dans mon esprit normal et tout à fait acceptable, il n'y a que très peu de liens et contacts entre les différents groupes. Je pense également que les problèmes ont souvent de raisons tout à fait financières.

Derek Eastman, Chris Tickerou, George Stavro, Henry Ellis et Joe Curran

Derek Eastman, Chris Tickerou, George Stavro, Henry Ellis et Joe Curran

Guillaume Erard : En France, le gouvernement régule les grades ainsi que les diplômes d'enseignement. Pourriez-vous nous dire comment cela est-il organisé au Royaume-Uni ? Quel est le rôle du British Aikido Board ?

Le British Aikikai suit un système de Qualifications d'Enseignement. Nous adoptons le système japonais de rangs de Shihan, Shidoin et Fukushidoin.

Joe Curran : Chaque groupe est très indépendant et je ne peux que parler dans le cas de mon organisation. Le British Aikikai suit un système de Qualifications d'Enseignement. Nous adoptons le système japonais de rangs de Shihan, Shidoin et Fukushidoin. Nous suivons évidemment les règles imposées par le BAB, car en tant que membre, nous adoptons leur système de formations d'instructeurs et d'assurance. La fonction du BAB est de promouvoir l'Aikido et il est le seul corps reconnu par le gouvernement via le ministère des Sports. Il s'assure que les standards de conduite et de sécurité sont maintenus et que tous les instructeurs sont assurés et détiennent la qualification d'enseignement appropriée. Chaque organisation membre du BAB a son propre représentant pour le BAB. Ces représentants jouent un rôle important en ce qui concerne la communication, la liaison avec les dojos et les affaires de développement de l'Aikido au Royaume uni.

Joe Curran

Guillaume Erard : Henry Ellis nous disait récemment qu'à cause de l'indépendance de chaque groupe en matière de grades, beaucoup d'abus avaient été commis, en particulier beaucoup d'autopromotions. Quel est votre avis sur le sujet ?

Joe Curran : Je partage effectivement la préoccupation de monsieur Ellis. Cela dit, je pense que le fait que certaines personnes se promeuvent Shihan ou gonflent leur ego relève plus de savoir s'ils sont en accord avec leur propre conscience. En ce qui me concerne, je pense que je suis un Aikidoka compétent, mais je préférerais largement être un bon 5e kyu qu'un 8e dan Shihan autoproclamé avec un faible lignage. La quête des grades est une perte de temps et autopromotion devrait en fait s'appeler auto illusion.

Guillaume Erard : Pensez-vous que cela affecte la qualité de la pratique de l'Aikido ?

Joe Curran : Bien sûr. Avec la diffusion de l'Aikido et la création d'organisations n'ayant pas ou peu de contacts avec le Japon, on peut penser que les standards et la qualité baissent. Je ne dis pas que tous les groupes non affiliés à l'Aikikai sont mauvais techniquement, mais seulement que le niveau moyen peut en souffrir. Il y a des gens non affiliés à l'Aikikai pour qui j'ai le plus grand respect comme messieurs Ellis et Eastman. Ces hommes, avec messieurs Foster et Williams ont fait beaucoup au début pour diffuser l'Aikido au Royaume-Uni et ils méritent tout le respect de la communauté des Aikidoka britannique. Sans ces pionniers, nous ne serions pas en train de parler aujourd'hui.

Guillaume Erard : Revenons à la raison de votre présence ici aujourd'hui, comment êtes-vous entré en contact avec l'Association Sahélienne d'Aikido ?

Joe Curran : Tout simplement. Ils m'ont contacté en 2005 par email pour savoir si j'accepterais d'animer bénévolement leur 1er stage d'été en Tunisie et j'ai accepté. J'y suis retourné tous les ans, toujours à mes propres frais afin de les aider à développer l'Aikido tunisien.

Guillaume Erard : Quelles sont selon vous les caractéristiques principales des pratiquants tunisiens ?

Joe Curran : Il m'apparaît que l'Aikido tunisien souffre de pas mal de luttes internes politiques qui l'empêchent d'établir une connexion fraternelle. Malgré de nombreuses visites plutôt efficacement annoncées, je n'ai eu que très peu de contacts avec les pratiquants avancés de l'Aikido tunisien hormis ceux de l'Association sahélienne d'Aikido. Cela dit, j'ai rencontré quelques membres des communautés d'Aikido égyptien et algérien en 2005 et j'ai beaucoup aimé leur attitude. Les Aikidoka tunisiens sont accueillants et ont le cœur sur la main. Mon conseil serait d'essayer de trouver un terrain d'entente au sein de la communauté d'Aikidoka politiquement et techniquement, car ensemble, ils pourraient accomplir beaucoup plus qu'isolés comme ils le sont. L'Aikido est un art où des sacrifices en terme de temps et d'argent sont parfois requis. Tout jeune groupe doit faire de tels sacrifices s'il veut perdurer. C'est pour cela que j'ai choisi d'aider tout groupe qui pense que je peux lui apporter mon assistance. Je pense également que l'Afrique du Nord souffre de restrictions financières et politiques (visas, etc.) qui œuvrent contre le développement de l'Aikido. Il faudrait vraiment que les Tunisiens arrivent à se concerter pour organiser des stages communs, car aucun groupe n'a le monopole sur la vérité et tous pourraient en bénéficier pour leur progression.

Guillaume Erard : Est-ce que votre façon d'enseigner diffère dans ces pays par rapport à celle que vous utilisez en Europe ?

Joe Curran : Les méthodes sont toujours différentes d'un endroit à l'autre. Le plus important à mon avis est de se concentrer sur ce qui est similaire plutôt que sur ce qui est différent. Une pomme et une orange sont différentes, mais elles sont toutes deux des fruits et ont bon goût. Même dans un dojo donné, deux instructeurs n'enseignent pas forcément la même chose, c'est normal à mon avis.

Joe CurranGuillaume Erard : L'Aikido là-bas en est à ses balbutiements, voyez-vous des similarités avec les anciens temps de l'Aikido britannique ?

Joe Curran : Seulement dans le fait que le groupe est jeune et qu'il a beaucoup de choses à apprendre. Si on choisit le mauvais dirigeant ou le mauvais groupe, on peut se trouver dans une situation difficile.

Guillaume Erard : Voyagez-vous dans d'autres pays pour enseigner ?

Joe Curran : Récemment, ma priorité principale a été la Tunisie. J'ai également pas mal enseigné en Hollande et aux États-Unis. Dans l'avenir, j'aimerais voyager plus, en particulier pour des groupes nouvellement formés afin de donner mes conseils et apporter mon assistance. J'ai 69 ans à présent, Chiba Sensei et moi savons qu'il nous reste un temps limité et que tant reste à faire. En tant que président du British Birankai, j'ai la responsabilité par rapport à Chiba Sensei de faire en sorte d'assurer le standard le plus haut possible.

Guillaume Erard : Vous invitez Chiba Sensei tous les ans au Royaume-Uni pour votre stage d'été. Quel est son rôle dans votre organisation ?

Nous recevons également la visite d'instructeurs comme Miyamoto Shihan.

Joe Curran : Depuis 1976, date à laquelle le British Birankai a été créé, nous avons eu la chance que Chiba Sensei, en tant que directeur technique, vienne nous rendre visite tous les ans. C'est avec lui et les autres Shihan et Shidoin que nous élaborons notre politique administrative et que nous planifions nos évènements et notre future stratégie.

Nous recevons également la visite d'instructeurs comme Miyamoto Shihan. Le Birankai international est une grande famille, nous avons des membres en France, Grèce, États-Unis, en Israël, Allemagne, Pologne et Kazakhstan. Nous avons l'occasion de tous nous rencontrer durant les stages, c'est fatigant mentalement et physiquement, mais très enrichissant.

Guillaume Erard : Est-ce que des pratiquants d'autres fédérations viennent assister à ces stages ?

Joe Curran : Pas autant que je le veuille. J'ai été très heureux de pouvoir rencontrer récemment monsieur Ellis des Ellis Schools of Traditional Aikido lorsqu'il était invité à notre anniversaire des 40 ans de Chiba Sensei au Royaume-Uni à Londres. Monsieur Harada Mitsusuke MBE (NDLR : Member of the British Empire, distinction d'ordre chevaleresque britannique), le maître de Shotokan, viens aussi régulièrement participer à nos activités. Nous recevons également la visite de certains membres influents de l'United Kingdom Aikikai tels que messieurs Brady, Jones et McCalla.

Guillaume Erard : Merci monsieur Curran.

Joe Curran : Pas de problème, cela m'a fait plaisir. Transmettez mes salutations aux pratiquants français et irlandais.

À propos de l'auteur
Guillaume Erard
Auteur : Guillaume ErardSite web : http://www.guillaumeerard.fr
Biographie
Fondateur du site en 2007, Guillaume est un passionné de culture et d'arts martiaux Japonais. Après avoir pratiqué le Judo pendant l'enfance, il débute l'Aïkido en 1996 et le Daïto-ryu Aïki-jujutsu en 2008. Il détient actuellement les grades de 4e Dan en Aïkido (Aïkikaï) et 2e Dan en Daïto-ryu Aïki-jujutsu (Takumakaï). Guillaume est également passionné de science et d'éducation et il détient un doctorat en Biologie Moléculaire depuis 2011. Il vit à Tokyo et travaille comme consultant pour la recherche médicale. > Voir le profil complet

comments powered by Disqus

S'abonner

Saisissez votre adresse Email :

pour recevoir un Email à chaque publication.