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Sébastien Heurteau

Sébastien Heurteau a passé huit ans au Hombu Dojo de l'Aikikai de Tokyo à s’entraîner quotidiennement, en particulier sous la direction de Yasuno et Endo Sensei. Sébastien a en outre mis à plusieurs reprises ses qualités d'uke au service des maîtres Kuribayashi et Kobayashi lors de démonstrations annuelles au Budokan de Tokyo. Il prépare actuellement son retour définitif en France avec sa femme japonaise et il a accepté de me parler afin de partager son expérience du Japon et de son parcours d'Aikidoka.

Guillaume Erard : Sébastien, pourrais-tu nous résumer un peu tes débuts à l'Aikido ?

Sébastien Heurteau : J'ai commencé l'Aikido en 1990, à l'âge de 14 ans à Neuilly sur Marne dans un petit club de la banlieue parisienne rassemblant en moyenne une quinzaine de personnes sur le tapis. Ce club n'était pas très loin de Vincennes et du dojo de Christian Tissier. Le club de Neuilly sur Marne venait juste de démarrer, il n'y avait que des débutants, aucune ceinture noire. J'étais jeune et vif, j'ai donc très rapidement été sollicité par mon professeur, il a alors commencé avec moi un travail intensif sur la chute, si bien qu'au fil des années j'étais devenu l'uke du club.

J'ai mis énormément de temps à passer mes grades, je pense que techniquement j'étais prêt depuis longtemps, mais pour une raison ou une autre, je n'ai passé le premier dan qu'au bout de six ans, la première ceinture noire du club. Suite à ça, mon professeur m'a poussé à aller m’entraîner au dojo de Christian Tissier, même si je pouvais évidemment continuer à pratiquer à Neuilly sur Marne en participant à l'enseignement du club. Je suis donc arrivé à Vincennes en 1998 en tant que premier dan. Mon métier d'éducateur sportif me laissait pas mal de temps libre ce qui me permettait de beaucoup m’entraîner. J'aimais particulièrement le cours du midi, celui où tous les gradés s’entraînaient ensemble, c'était vraiment un cours très particulier. J'ai donc continué à m’entraîner intensivement comme ça pendant cinq ans et c'est en 2003 que je me suis décidé à partir au Japon.

Sébastien Heurteau et Guillaume Erard

Sébastien Heurteau (uke : Guillaume Erard)

Je voulais être comme Marc Bachraty ou Pascal Guillemin. Pour une raison ou une autre, ça ne s'est pas fait, l'alchimie [avec Christian Tissier] n'a pas prise.

Guillaume Erard : Mais alors, pourquoi partir ?

Sébastien Heurteau : Très franchement, je ne suis pas parti pour la technique. J'étudiais sous la direction de Christian Tissier. C'était à mes yeux ce qui se faisait de mieux techniquement, je n'avais aucune raison, aucune envie de changer. Pourtant, je voulais plus, mais je ne savais pas quoi, aujourd'hui je le sais, je voulais avoir accès à l'homme, j'avais des questions en pagaille et je voulais qu'il y réponde. Pour moi, l'Aikido, c'est quelque chose qui doit rentrer au fond de toi et la technique seule ne suffit pas. Je voulais savoir ce qu'il pense de l'Aikido, et pourquoi il fait les techniques comme il les fait, etc. Je voulais connaître ses raisons. J'étais jeune, j'avais plein de questions, mais personne pour y répondre, enfin si, mais ces gens-là n'étaient pas Christian Tissier.

Au bout d'un certain temps, je me suis rendu compte que ça ne se ferait pas, que je ne recevrai de lui que la technique et que je n'aurais jamais accès à l'homme, même en restant des années. Je voulais être comme Marc Bachraty ou Pascal Guillemin. Pour une raison ou une autre, ça ne s'est pas fait, l'alchimie n'a pas prise. Je n'ai peut-être pas su faire ce qu'il fallait ou bien peut-être que je ne correspondais pas à ce qu'il attendait. Peut-être que j'étais trop jeune aussi et pas assez humble...

Sébastien Heurteau et Guillaume Erard

Sébastien Heurteau et Guillaume Erard

Guillaume Erard : Que pensais-tu trouver au Japon alors ?

Sébastien Heurteau : Je ne connaissais pas grand-chose de l'aikido Japonais, hormis Endo Sensei qui faisait des stages en France. En un mot, je pensais qu'au Japon, j'aurais peut-être la chance d'avoir accès aux hommes au-delà des maîtres, de découvrir qui se cache vraiment derrière le Sensei. Je suis très heureux, car c'est exactement ce qui s'est passé. Quand tu vas dîner ou boire avec un Sensei, tu as accès à l'homme et là, tu apprends plein de choses en plus de la technique, car il te parle de son ressenti, de son vécu. Tu mets en perspective ce qu'il te dit sur ce qui se passait avant à l'Aikikai et tu peux mieux comprendre ce qu'il fait sur le tatami aujourd'hui. Ça permet de mieux comprendre tout le cheminement pour en arriver là. Toutes les discussions que tu peux avoir avec des Sensei Japonais sont toujours constructives, il y a toujours matière à réflexion dans ce qu'ils se donnent la peine de te dire.

C'est ça que je voulais de Christian Tissier, mais je ne l'ai pas eu. Je pense évidemment que je ne suis pas le seul. Aujourd'hui je ne lui en veux pas du tout, car c'est ce qui m'a fait partir pour le Japon et ainsi de vivre sept années merveilleuses. Je suis toujours admiratif de sa technique et j'espère que des gens comme Marc Bachraty, ou Pascal Guillemin ont accès à plus que ça, car sans cela, on peut devenir très bon techniquement parlant, mais on reste finalement limité dans son Aikido.

Quand un Sensei du Hombu Dojo te parle, il ne te donne pas forcément des secrets, mais il te fait changer ta vision de l'Aikido. Tu peux aussi lui poser tes questions et il te répond dans un cadre en tête à tête où il n'y a pas toutes les règles et tous les tabous que l'on trouve au dojo. Évidemment, il ne faut pas oublier qu'il est Japonais donc il faut faire attention à ce que tu dis, surtout après un petit verre de saké (rires) mais il te répond. C'est vraiment un privilège, surtout pour nous qui sommes étrangers. On voit évidemment plein de gens venir à l'Aikikai, mais eux n'ont accès qu'à la technique.

Voilà pourquoi je suis parti. Je te dis tout ça presque dix ans après et dans ma tête, ce n'était pas aussi clair que ça à l'époque, j'analyse a posteriori, mais je pense que c'est pour ça que je suis parti. Aujourd'hui j'ai eu beaucoup de réponses, même si j'ai encore tout autant de questions.

Sébastien Heurteau et Guillaume Erard

Sébastien Heurteau (uke : Guillaume Erard)

Guillaume Erard : Comment as-tu pris ta décision ?

Sébastien Heurteau : Ça faisait un moment que je parlais de partir au Japon, mais sans jamais franchir le pas. Très franchement, j'avais un peu peur de perdre le matériel. J'avais un contrat à l'éducation nationale, une voiture, des meubles, etc. et j'avais peur de tout lâcher. Mais bon, au bout d'un moment, je suis allé voir Christian Tissier et je lui ai dit : "Sensei, je pars au Japon pour de bon". Il m'a alors mis en relation avec quelqu'un qui a une école de Français ici. Alors, bien que cette personne ne m'ait jamais promis de travail, il m'a envoyé l'Email dont j'avais envie, ce lui que j'avais besoin de lire. Il m'a juste écrit: "pas de problème, viens, je te formerai et après on verra". Sans cet Email, je pense que je ne serais jamais parti. J'avais juste besoin de ce contact, c'est cette sorte d'invitation qui m'a permis de franchir le pas.

La vie étant chère au Japon, j'ai décidé de vivre dans des conditions assez spartiates.

Guillaume Erard : Une fois au Japon, comment s'est passée ton arrivée ? As-tu travaillé pour cette personne ?

Sébastien Heurteau : Une fois là-bas, je me suis vite rendu compte que l'enseignement du français n'était pas mon truc et que de toute façon, j'avais envie de me consacrer totalement à la pratique de l'Aikido. Peu avant mon départ, je me suis finalement débarrassé de tous mes biens matériels et je suis arrivé au Japon avec 15 000 euros en poche. La décision de faire de l'Aikido à plein temps a été immédiate. La vie étant chère au Japon, j'ai décidé de vivre dans des conditions assez spartiates. Je louais une toute petite chambre avec des tatamis sans chauffage, ni douche, ni eau chaude et je faisais de l'Aikido du matin au soir.

Guillaume Erard : Comment s'est déroulée ton arrivée à l'Aikikai ?

Sébastien Heurteau : Je suis venu un matin. J'avais amené une bouteille de vin au Doshu et je me suis présenté dans un japonais très approximatif. Quand je suis arrivé, je me suis retrouvé un peu seul. À cette époque il n'y avait que trois autres français à l'Aikikai, Gérard Sachs, Didier Boyet et Jean-Christophe Driot. Ils étaient là depuis longtemps, plus de 30 ans pour Gérard Sachs et Didier Boyet. Le reste des étrangers présents étaient surtout des Anglophones et quelques Espagnols.

Je n'avais ni chauffage ni douche. Je sortais donc de l'Aikikai le soir, j'allais manger et j'allais ensuite au sento où je restais, dans le bain chaud, jusqu'à une heure du matin, l'heure de fermeture.

Au début, J'avais peu de contact avec les Japonais parce que je ne savais pas très bien comment me comporter avec eux. Je vivais finalement une existence assez solitaire, presque monastique, et ce, pendant très longtemps. Je n'ai pas une nature à sortir beaucoup donc ça limitait aussi mes interactions sociales, surtout sachant qu'il fallait se lever le matin pour le cours du Doshu à 6 h 30. C'était une période qui n'était pas spécialement évidente. Le premier hiver en particulier fut très difficile. Il a fait très froid cette année-là et la neige est tombée assez souvent. Je n'avais ni chauffage ni douche. Je sortais donc de l'Aikikai le soir, j'allais manger et j'allais ensuite au sento où je restais, dans le bain chaud, jusqu'à une heure du matin, l'heure de fermeture. Je rentrais tout de suite chez moi me mettre dans mon futon et je m'endormais immédiatement. Vers quatre heures du matin, je me réveillais à cause du froid mordant qui passait entre les interstices des fenêtres puisque j'étais dans une maison à la Japonaise et que l'isolation n'était pas bonne du tout. Je descendais me réchauffer et boire un café au konbini en face et je retournais me coucher quelque temps jusqu'à l'heure d'aller au cours du Doshu.

Guillaume Erard : Tu as tenu comme ça combien de temps ?

Il y a eu bien des fois où je n'avais plus assez de yens pour manger normalement[...] j'allais à Shinjuku le midi dans les grands magasins de type Isetan car dans plein d'endroits, on pouvait picorer des choses pour goûter. Je prenais assez souvent mes repas là-bas (rires).

Sébastien Heurteau : À la fin de la deuxième année, je suis arrivé presque à cours d'argent. À cette période, j'avais un visa d'Aikido et il a fallu que je me pose la question à savoir comment j'allais joindre les deux bouts. Mes conditions de vie étaient loin d'être cossues, mais là, j'ai eu six mois très difficiles. J'ai dû pendant six mois réduire de moitié mes dépenses qui n'étaient déjà pas bien élevées. Malgré le fait que j'essayais un peu de trouver du travail, je ne voulais pas vraiment travailler et donc mes recherches furent infructueuses. J'avais vraiment envie de continuer à faire que de l'Aikido. En fait, durant ces sept ans, je n'ai jamais pu accepter l'idée de devoir réduire mes entraînements au profit d'un emploi, j'étais là pour l'Aikido. Donc au final mes 15 000 euros m'ont permis de tenir presque deux ans. Le peu d'argent qu'il me restait me servait à payer la chambre et les cours à l'Aikikai. Il y a eu bien des fois où je n'avais plus assez de yens pour manger normalement. Ce que je faisais de temps en temps en cas de pénurie, j'allais à Shinjuku le midi dans les grands magasins de type Isetan car dans plein d'endroits, on pouvait picorer des choses pour goûter. Je prenais assez souvent mes repas là-bas (rires).

Malgré tout, je n'ai pas réduit la fréquence de mes entraînements et les Sensei ne me faisaient pas de cadeaux, car ils ne savaient rien de ma situation. J'ai donc perdu beaucoup de poids. Beaucoup vous diront qu'après mon mariage, j'en ai aussi beaucoup repris (rires) ! J'ai eu la grande chance de ne pas tomber malade, mais je me faisais du souci quand même, car je savais que ça ne durerait pas longtemps, je voyais en effet mes dernières économies fondre à grande vitesse. Et là, j'ai eu la chance de rencontrer ma future femme, qui m'a beaucoup soutenu. Je me souviens, qu'elle me ramenait souvent des petits bento qu'elle confectionnait en cachette chez ses parents. C'était très mignon (sourire), ces moments difficiles nous ont beaucoup rapprochés.

J'ai réussi à tenir aussi, car je suivais en parallèle une formation de Shiatsu dans un hôpital à partir de la deuxième année. Le Sensei là-bas a été très sensible à mon investissement personnel que ce soit en Aikido ou en Shiatsu et, conscient de mes conditions de vie difficiles, il m'a proposé de me prendre sous son aile. En contrepartie du travail que j'effectuais sur les patients et du suivi de ma formation, il me payait ma chambre et me nourrissait, je prenais mes repas à l'hôpital. Ma relation avec l'hôpital et les patients dura jusqu'au dernier jour.

Sébastien Heurteau à Tokyo (uke: Guillaume Erard, Hitomi Heurteau et Olivier Carayon

Guillaume Erard : Comment ça s'est passé au niveau visa pour toi ?

Sébastien Heurteau : Je suis arrivé avec un visa vacances-travail valable 1 an. Une fois arrivé à son terme, j'ai voulu changer pour un visa d'Aikido. C'est amusant d'ailleurs, car je suis allé à Shinagawa pour faire ma demande à l'immigration et j'avais rempli la demande avec les heures d'Aikido que j'avais faites cette année. Bizarrement, je suis tombé directement sur l'inspectrice, pas sur un employé, et quand elle a pris mon papier, elle m'a dit que quelque chose clochait.

Je me suis dit « ça y est, elle commence à m'emmerder » (rires). Elle n'était pas commode, très austère. En fait, vu le nombre d'heures très important que j'avais faites la première année, elle a cru que je m'étais trompé de papier et que je voulais un renouvellement de visa Aikido plutôt qu'un changement à partir d'un visa vacances-travail. Du coup, elle a été tellement impressionnée par la quantité d'heures qu'elle m'a délivré le visa en cinq minutes (rires). Assez rare quand même !

Guillaume Erard : Ton visa d'Aikido te permettait-il de travailler ?

Sébastien Heurteau : Non, pas du tout. Si tu veux travailler avec un visa d'Aikido, tu dois demander une dérogation, mais beaucoup de gens qui ont tenté l'expérience ont souvent perdu leur visa d'Aikido sans obtenir de visa de travail par la suite... Pour moi, pas question de prendre ce risque, je suis donc resté quatre ans en visa d'Aikido sans travailler.

le cours de deux heures du lundi soir avec Yasuno Sensei, c'était le bloc, le centre de gravité de ma pratique

Guillaume Erard : Parlons maintenant de la pratique, tu allais à quels cours ?

Sébastien Heurteau : Tous, mais pour moi, le cours de deux heures du lundi soir avec Yasuno Sensei, c'était le bloc, le centre de gravité de ma pratique. Tous les cours étaient intéressants, j'ai appris à apprécier plein de Sensei, même si ça a pris beaucoup de temps, à mon grand regret, surtout en ce qui concerne Osawa Sensei.

Guillaume Erard : Qu'est-ce qui s'est passé avec Osawa Sensei ?

Sébastien Heurteau : Pour une raison que j'ignore encore aujourd'hui, au début de mon séjour ce qu'il faisait ne m'intéressait pas beaucoup, ce n'est que plusieurs années après que j'ai eu le coup de foudre, je me suis aperçu que maître Osawa enseigne probablement l'Aikido qui m'est destiné. Depuis cette réalisation et rongé par le remord, j'ai essayé de rattraper mon retard en allant à tous ses cours, mais c'est probablement mon plus grand regret d'Aikidoka, de ne pas avoir réalisé ça plus tôt.

Sébastien Heurteau et Osawa Sensei

Sébastien et Hitomi Heurteau en compagnie d'Osawa Hayato Shihan

Évidemment, avec certains autres Sensei, je n'ai jamais accroché et au bout de quatre ans, j'ai progressivement arrêté de suivre leur enseignement. J'allais aussi pas mal au cours d'Endo Sensei le mercredi après-midi. Endo Sensei était le seul duquel j'étais proche au début puisque je le connaissais déjà et que ce qu'il faisait se rapprochait de ce que j'avais appris en France. Après, il a beaucoup changé et moi aussi donc au bout de trois ans, j'y suis moins allé, puis plus du tout.

J'ai découvert un Sensei très rapidement en la personne de maître Kuribayashi et là ça a accroché tout de suite. Il faisait le cours avancé le vendredi après-midi et les deux cours du mercredi soir en débutants. Tous les gradés qui aimaient bien bouger allaient en bas [au Hombu Dojo de l'Aikikai, les cours débutants ont lieu au premier étage et les cours avancés, au deuxième, NDLR], car au-dessus, c'était un Sensei qui ne faisait pas l'unanimité et du coup, le Doshu n'a pas du tout apprécié et il l'a remplacé par Miyamoto Sensei. Miyamoto Sensei, tu connais bien le personnage (rires), et la mayonnaise n'a pas pris tout de suite et donc pendant plusieurs mois, il y avait toujours plus de ceintures noires en bas qu'au dessus. Le Doshu a finalement retiré Kuribayashi Sensei du cours débutants. C'est également au cours de Kuribayashi Sensei que j'ai rencontré ma femme, car elle venait avec son groupe de l'université pour s'entraîner au hombu dojo.

Sébastien Heurteau et Kuribayashi Shihan

Sébastien Heurteau et Kuribayashi Takanori Shihan

Guillaume Erard : En pratiquant avec toi, on se rend compte tout de suite que Yasuno Sensei a eu beaucoup d'influence sur ton Aikido...

quand je suis arrivé, personne ne me connaissait

Sébastien Heurteau : Dès la première année, j'ai eu un très bon contact avec lui.

Guillaume Erard : Tout en n'ayant bénéficié d'aucune introduction n'est-ce pas ?

Sébastien Heurteau : Non, rien, quand je suis arrivé, personne ne me connaissait. Bon, je chutais de la façon dont on m'avait apprise à Vincennes et les Japonais n'en avaient pas du tout l'habitude, mais Yasuno Sensei, lui, se doutait bien évidement de chez qui je venais. Il n'en était pas sûr, mais il m'a observé pendant quelques mois.

Un soir, il a demandé à Gérard Sachs d'où je venais et il lui a dit. Notre relation n'a fait que s'amplifier depuis. Je pense que j'avais un comportement qui lui plaisait et il se régalait à me faire chuter, car personne d'autre ne chutait comme ça (en tout cas à cette période). Il me balançait dans tous les sens au travers du dojo. J'en voulais et je le réattaquais immédiatement. Beaucoup de gens, dès le début, se demandaient vraiment pourquoi je n'allais pas dans ses dojos privés. Moi je ne voulais pas, car je me voyais comme un élève du hombu dojo, je ne voulais pas suivre un professeur en particulier, je ne voulais pas faire de choix.

Guillaume Erard : Peux-tu nous parler plus précisément de ce que tu entends par le terme « élèves du hombu » et de tes relations avec Ivan Rigual Sarria ?

Sébastien Heurteau : C'est bien que tu parles d'Ivan, car on est arrivés ensemble. Ivan est un très bon ami. Lui est arrivé en juillet et moi en août. J'étais assez envieux de lui d'ailleurs, car contrairement à moi, il a trouvé beaucoup de soutien auprès du petit comité d'Espagnols sur place. Ivan et moi on était assez proches, on s'entendait bien et on pratiquait souvent ensemble, car on suivait les mêmes cours. On s'était donc dit que nous serions avant tout des élèves du hombu dojo, on en parlait déjà à cette époque.

C'est vraiment intéressant de voir que l'on est arrivés au même moment, que l'on avait tous deux Christian Tissier comme référence, et qu'on bout de sept ans, on a chacun pris un chemin différent. Moi je me suis plus rapproché de Yasuno Sensei et lui de Miyamoto Sensei, je pense. Ce sont vraiment deux styles diamétralement opposés tout en étant issus d'une même voie.

Au bout de 25 ans de pratique, combien de temps va-t-on encore singer notre ou nos Sensei ? Les clones dont je parle ont souvent une grande aisance technique, mais ce n'est pas eux, ce n'est pas leur Aikido et c'est dommage

Guillaume Erard : Vous avez su garder une identité propre et forte, car aussi bien en pratiquant avec toi qu'avec Ivan, on ne ressent pas que vous êtes des clones d'untel ou untel, vous êtes donc effectivement des élèves du hombu dojo de ce point de vue-là.

Sébastien Heurteau : C'est vraiment ça que l'on recherchait dès le départ. Nous avons la prétention, l'objectif, de trouver notre propre forme en Aikido. C'est ça le but, je pense. Quelqu'un comme Christian Tissier a créé sa propre forme. Les Sensei du hombu dojo sont tous issus de la même source et pourtant ils ont tous une forme différente. Il y a des gens dans l'ombre des grands qui ont un bon niveau, mais ils n'ont aucune personnalité. Il faudrait demander à Ivan son point de vue, mais personnellement, je trouve qu'après tant d'années de pratique, c'est dommage que beaucoup d'Aikidokas à travers le monde soient toujours dans le « copier-coller ». Pour ma part, je ne dis pas avoir trouvé, mais je n'ai pas non plus 30 ou 40 ans de pratique comme certain.

Quand je rentrerai en France, on me dira peut-être « ton ikkyo est nul », mais ça ne me touchera pas du tout. Peut-être que c'est nul, mais c'est le mien. Au début c'est normal de vouloir un peu singer les mouvements du professeur, il n'y a d'ailleurs pas d'autres façons d'apprendre, mais pendant combien de temps doit-on le faire ? Au bout de 25 ans de pratique, combien de temps va-t-on encore singer notre ou nos Sensei ? Les clones dont je parle ont souvent une grande aisance technique, mais ce n'est pas eux, ce n'est pas leur Aikido et c'est dommage. Doit-on toujours attendre la disparition de nos maîtres pour enfin développer un Aikido qui corresponde à notre personnalité ?

Moi je ne veux pas attendre que mes Sensei disparaissent pour le faire. Encore une fois, je ne dis pas avoir trouvé, mais je cherche, avec mes moyens.

Guillaume Erard : Alors quand tu vas au dojo de Yasuno Sensei, c'est pour quoi faire ?

Sébastien Heurteau : Je viens pour lui, pas pour copier son Aikido. Encore une fois, je viens pour avoir accès à l'homme. Pour être honnête, dans ses dojos privés, je suis un peu excentrique, tout en restant toujours correct sur le tapis, je fais un peu l'Aikido dont j'ai envie. Par rapport à ça, les avis sont partagés, certains disent que c'est complètement déplacé, que lorsque tu suis l'enseignement d'un Sensei tu dois faire exactement ce qu'il a montré, et d'autres me disent que c'est une qualité. Je penche pour la deuxième, je pense que c'est pour ça que Yasuno Sensei m'apprécie, parce que je suis différent des autres. Sur le tatami je reste moi-même, je ne veux pas chuter pour lui faire plaisir, j'assume pleinement ma personnalité, je pense que c'est cette différence qu'il apprécie chez moi. Nous avons une relation très particulière, je n ai pas fait de Yasuno Sensei ma référence technique et il le sait, il sait également que j'aime beaucoup son travail et que nous sommes dans un véritable échange de maître à élève sans passer par l'idolâtrie, car je considère que l'idolâtrie est un obstacle à l'apprentissage, car elle nous masque les imperfections du Sensei.

Guillaume Erard : Comment as-tu fini par aller à ses dojos privés ?

Sébastien Heurteau : Le déclic qui a fait que j'ai commencé à aller à ses dojos est un stage que j'ai fait avec lui chez Okamoto Yoko à Kyoto. Là j'ai découvert un homme exceptionnel. J'ai rencontré un vrai samouraï, j'ai eu un vrai flash. Après ça, je suis allé le voir un mardi matin après son cours, au culot, je lui ai demandé si je pouvais aller dans ses dojos. Là encore, les avis divergent, pour certains les codes voudraient que je fasse comme les autres, que je passe par un intermédiaire pour faire ma demande, mais dans ce cas ce n'est plus moi qui demande.

Guillaume Erard : Est-ce que l'influence de Yamaguchi Sensei est aussi perceptible au Japon qu'en Europe ?

Quand tu lui [à Kobayashi Sensei] parles de Yamaguchi Sensei, la réaction a de quoi surprendre, car il t'en parle comme un professeur influent[...] mais c'est tout[...] ça m'a beaucoup surpris, car je m'attendais une fois de plus à entendre encore et toujours les mêmes boniments.

Sébastien Heurteau : Il y a quelque chose de très intéressant que j'ai appris au contact de certains maîtres comme Kobayashi Sensei, c'est de mettre en perspective notre perception des grands maîtres. Je dirais que la ligne directrice de ma sensibilité en Aikido, au travers des enseignants que j'ai suivis, c'est Yamaguchi Sensei. Je ne l'ai d'ailleurs personnellement jamais rencontré, mais un grand nombre de hauts gradés français en parlent tellement qu'on a la sensation de tous le connaître, même des gens de ma génération d'Aikido en parlent d'une telle façon qu'on a l'impression qu'ils l'ont quand même connu. On nous le présente à chaque fois comme un des plus grands de l'Aikido, parfois même comme une divinité. Pourtant, je me suis aperçu que beaucoup de gens ne partagent pas forcément cette vision. Par exemple, Kobayashi Sensei a fait tout le cursus de A à Z au hombu dojo, il a été uchi deshi et 30 ans plus tard, il est Shihan de l'Aikikai et a ses propres cours au hombu dojo. Quand tu lui parles de Yamaguchi Sensei, la réaction a de quoi surprendre, car il t'en parle comme un professeur influent, il dit que chez lui il y avait beaucoup de pratiquants et de Sensei mais c'est tout. Alors, j'étais peut-être ignorant ou naïf quand il me l'a dit, mais moi, ça m'a beaucoup surpris, car je m'attendais une fois de plus à entendre encore et toujours les mêmes boniments. Par contre, un Sensei qui l'a beaucoup marqué était Arikawa Sensei.

Guillaume Erard : Oui, Olivier Gaurin me disait que c'était assez musclé et que peu de gens osaient aller à ses cours...

Sébastien Heurteau : C'est vrai, mais les uchi deshi, eux, ils n'avaient apparemment pas le choix (rires) ! Kobayashi Sensei m'a expliqué que souvent, quand Arikawa Sensei n'était pas satisfait du rendement des uchi deshi le matin après le cours du Doshu et le sien, il enfermait les uchi deshi dans la salle du bas et leur cassait la figure. Kobayashi Sensei en a encore aujourd'hui des séquelles. En tout cas, ça l'a plus marqué que les cours de Yamaguchi Sensei (rires) !

Guillaume Erard : En parlant de Kobayashi Sensei, qu'en est-il de ta relation avec lui ? Ça devait être spécial puisque tu as été uke de nombreuses fois en démonstration, particulièrement au All Japan Demonstration au Budokan ?

Sébastien Heurteau : J'allais simplement à ses cours, car en complément de ceux de Yasuno ou Endo Sensei ça me permettait de restructurer un peu les techniques de base, mais je n'accrochais pas plus que ça. La particularité c'est que c'est lui qui est venu me chercher. Des fois c'est les Sensei qui viennent vers toi.

Sébastien Heurteau en compagnie de Kobayashi Shihan

Sébastien Heurteau en compagnie de Kobayashi Yukimitsu Shihan

Guillaume Erard : Tu t'es fait remarquer assez rapidement grâce à la qualité de ton ukemi. Est-ce qu'il a changé depuis que tu es au Japon ?

Au hombu dojo, le tatami ne pardonne pas[...] Chaque chute te coûte et te muscle alors qu'en France, quand tu as trouvé la combine, tu fais du trampoline

Sébastien Heurteau : Oui j'ai cette impression, je le sens beaucoup et je le vois quand je regarde les vidéos avec Kobayashi Sensei au cours des années. Lorsque je suis arrivé, je chutais comme à Vincennes, j'étais fier de mon ukemi car peu de japonais pouvait en faire autant. Un jour quelqu'un m'a dit que je chutais comme un français, que la forme de ma chute n'était pas japonaise, pas martiale, par exemple dans le fait de terminer sa chute les deux pieds joints pour pouvoir se relever plus rapidement comme ce qui caractérise pleinement l'école Tissier. C'est une position de jambes que l'on ne retrouve dans aucun budo. Sur le coup je me souviens l'avoir mal pris, aujourd'hui je sais que cette personne avait raison, et je l'ai vivement remercié depuis. En fait, la position des jambes au début de la chute et à la fin devrait être identique. Lorsque nous commençons notre chute avant en position statique nous n'avons pas les deux pieds sur la même ligne, nous sommes généralement dans une position de garde avec un pied devant et un pied derrière, alors pourquoi est-ce qu'à la fin de la chute ce serait différent ? Alors, j'essaye depuis plusieurs années de retravailler en profondeur ma chute, mais il est vrai qu'il m'est encore difficile parfois d'oublier mes vieilles habitudes.

Guillaume Erard : Ce changement de la conception de la chute c'est dû à quoi ?

Sébastien Heurteau : Pour moi ça vient du tatami. Au hombu dojo, le tatami ne pardonne pas, car il n'y a pas de souplesse, peu de rebond [le tatami de l'Aikikai consiste en un tatami traditionnel en paille recouvert d'un canevas en coton blanc, NDLR]. Chaque chute te coûte et te muscle alors qu'en France, quand tu as trouvé la combine, tu fais du trampoline. Le tapis de l'Aikikai est formidable, l'absence de rebond t'oblige à construire ton centre à chaque chute. Pour moi, c'est le meilleur chemin pour prendre du poids dans sa pratique.

Guillaume Erard : C'est sûr que si tu ne le respecte pas, le tatami de l'Aikikai va te faire du mal...

Sébastien Heurteau : Ici, tu fais rarement une erreur deux fois (rires) ! Le tapis te fait prendre beaucoup de poids, car l'effort est conséquent.

Sébastien Heurteau et Yasuno Shihan

Sébastien Heurteau et Yasuno Masatoshi Shihan

Guillaume Erard : Pourquoi les Sensei aiment te faire chuter ? Comment caractériserais-tu ton ukemi ?

Sébastien Heurteau : Je pense que ma particularité par rapport à d'autres est que je suis présent et disponible. Il ne faut pas chercher à être lourd. Il s'agit d'être ni en avance, ni en retard pour être toujours maître de son corps et de ses mouvements tout en gardant un contact, une pression. En Aikido on parle beaucoup de centrage, une des nombreuses caractéristiques selon moi c'est d'effectuer un mouvement de corps dans son ensemble malgré la contrainte de la technique ou de la chute. C'est avant tout une question de mouvements corporels par rapport à un timing, si tu es en avance ou en retard, il y a des chances pour que tu sois désaxé, c'est un des problèmes du débutant qui a l'impression d'avoir plusieurs paires de bras et de jambes lorsqu'il commence à pratiquer. Avoir du poids en Aikido c'est comme l'image d'une pierre, lorsque tu la projettes, tu la projettes dans son ensemble, à l'inverse de notre corps, la pierre est naturellement compacte avec un axe presque incassable. C'est ce que je travaille aujourd'hui dans mon Aikido. Lorsque je pars en chute, c'est tout mon corps qui se déplace en un même point dans la même direction, toutes les parties de mon corps forment un seul et même bloc, un peu comme une pierre. Et pareil lorsque j'effectue une technique, enfin j'essaye (rires) !

Mais c'est un travail très long et très difficile, car l'erreur, le piège c'est de confondre poids et refus, ont veut maîtriser son corps au détriment du contact avec le partenaire, mais rien ne doit remplacer la disponibilité. Je connais beaucoup d'Aikidokas qui donnent l'impression d'avoir du centre et du poids dans leur pratique, ils donnent l'impression de maîtriser leur corps, mais ils ont un Aikido de refus en permanence, ils pratiquent avec un partenaire, mais en fait ils sont tout seul. Il n ya pas d'échange.

Guillaume Erard : Qu'en est-il du fait de garder le contact ?

Sébastien Heurteau : La notion de contact en Aikido ? Pour moi ce n'est pas de la technique, c'est de l'humain, contrairement à la disponibilité. Yasuno Sensei est un très bon exemple. Il a un Aikido tellement incisif et percussif que c'est très difficile de garder le contact avec lui, mais pourtant, humainement je pense qu'il aurait envie de le garder plus longtemps avec ses élèves, mais il n'y arrive pas comme il voudrait parce que son Aikido est tellement incisif (enfin, c'est mon point de vue personnel). Ça l'oblige donc de temps en temps à faire des techniques dites « de contact » plutôt que percussives. Avec son Aikido, si tu essaies de rester, tu prends des coups. C'est très paradoxal. Les ukes partent très vite à cause de ça. Moi j'essaie de lui rentrer dedans de rester en contact le plus longtemps possible, quitte à être mal placé, car je crois que c'est ça qu'il veut. Mais je prends des coups.

Guillaume Erard : Est-ce que tu crois que les professeurs vont essayer de former des gens qui réagissent comme toi quand tu seras parti ?

Sébastien Heurteau : Je ne sais pas. Au Japon, la conception de l'enseignement est différente par rapport à l'occident. Ici, on la retrouve dans tous les aspects de la société un enseignement de façon générale se basant sur la répétition du geste, sans prendre en compte les aptitudes de chacun, et l'Aikido n'échappe pas à la règle, il y a un système en place et tu fais avec. En Europe et plus particulièrement en France, les gens ont démocratisé l'enseignement, ils ont en quelque sorte intellectualisé la discipline et formé de vrais enseignants.

le rapport entre qualité et quantité, trouver l'équilibre entre les deux, mais en France avec le système actuel, ça me parait difficile à trouver

Pour moi les Sensei japonais du hombu dojo sont de très grands Aikidokas, mais ce ne sont pas des enseignants, je les vois plutôt comme des pratiquants, ils n'ont pas de formation pédagogique là-bas. Quand je rentrerai en France, on va m'apprendre à enseigner alors qu'au Japon on part du principe que quand tu es bon, tu sais enseigner.

Personnellement, les quatre Sensei dont je me suis rapproché sont pour moi des maîtres de la vie, l'Aikido n'est qu'un moyen, un outil.

Guillaume Erard : Tu rentres en France pour de bon à la fin du mois, te vois-tu te réinsérer dans un système fédéral ?

Sébastien Heurteau : Difficilement, mais si je veux enseigner, je n'aurai pas le choix. Là aussi, il y a un système en place et en France, on ne peut pas faire ce qu'on veut, il faut respecter les règles du jeu.

En fait, il y a deux choses qui me posent problème et qui ne sont pas encore claires dans ma tête. La première, c'est le rapport entre qualité et quantité, trouver l'équilibre entre les deux, mais en France avec le système actuel, ça me parait difficile à trouver. Je pense que si tu veux faire de la quantité, tu dois quelque part pervertir ton Aikido, te vendre, faire des concessions, afin de contenter tout le monde, à la fois tes élèves et le système. Mais ce n'est plus toi ! Ce n'est plus ton Aikido que tu enseignes. C'est ce qui fait selon moi la différence fondamentale avec le Japon, où là, les Sensei pratiquent l'aikido qu'ils veulent, c'est aux élèves de s'adapter pas l'inverse. Alors, je ne dis pas que c'est impossible de concilier les deux, je dis juste que ça me parait difficile dans le système actuel.

lorsque je vois des Aikidokas de tout horizon revendiquer des grades Aikikai sans jamais être venu au Japon, je me pose de sérieuses questions quant à la crédibilité de tout ceci

D'ailleurs, beaucoup d'experts français se sont heurtés à cette problématique lorsqu'ils sont rentrés du Japon et malheureusement aujourd'hui, un grand nombre d'entre eux ont finalement arrêté l'Aikido, refusant de se soumettre au système sans jamais trouver l'équilibre entre qualité et quantité.

La deuxième chose, c'est le rapport entre les Aikidokas et le système de grades. J'ai l'impression que dans la tête des gens, le grade est devenu plus important que la pratique elle-même. Cela m'inquiète parce que je trouve que l'Aikikai ne contrôle plus le business qu'il a lui-même mis en place.

Lorsque je vois au Japon des étudiants obtenir des ceintures noires après seulement deux ans de pratique afin d'augmenter le prestige de l'université, lorsque je vois des Aikidokas de tout horizon revendiquer des grades Aikikai sans jamais être venu au Japon, je me pose de sérieuses questions quant à la crédibilité de tout ceci.

Guillaume Erard : Au bout de sept ans, qu'est-ce que tu ramènes en France ?

Sébastien Heurteau : De l'expérience, mais aussi beaucoup d'humilité, car je considère qu'en France le niveau d'Aikido est exceptionnel. Après avoir pratiqué, avec tellement de professeurs, et avec des partenaires de toutes cultures et nationalités, on relativise beaucoup plus ce qui se passe sur un plan national, régional ou même au sein du dojo. Je reviens pour continuer à pratiquer, fort de l'expérience formidable que j'ai pu vivre, et peut-être pour partager en toute simplicité ce que j'ai pris du Japon si ça peut résonner en quelqu'un d'autre.

Guillaume Erard : Merci beaucoup Sébastien de t'être confié et pour les grands moments de pratique. Tu vas vraiment nous manquer sur le tatami du hombu dojo. Bonne chance à toi et à ta femme pour ce nouveau chapitre français de votre histoire.

Sébastien Heurteau : Merci à toi, ce fût un plaisir de pouvoir me remémorer tout ça et mettre des mots dessus.


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À propos de l'auteur
Guillaume Erard
Auteur : Guillaume ErardSite web : http://www.guillaumeerard.fr
Biographie
Fondateur du site en 2007, Guillaume est un passionné de culture et d'arts martiaux Japonais. Après avoir pratiqué le Judo pendant l'enfance, il débute l'Aïkido en 1996 et le Daïto-ryu Aïki-jujutsu en 2008. Il détient actuellement les grades de 4e Dan en Aïkido (Aïkikaï) et 2e Dan en Daïto-ryu Aïki-jujutsu (Takumakaï). Guillaume est également passionné de science et d'éducation et il détient un doctorat en Biologie Moléculaire depuis 2011. Il vit à Tokyo et travaille comme consultant pour la recherche médicale. > Voir le profil complet

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