Le jour se lève sur Tokyo et après cette nuit mouvementée, nous nous levons aux aurores et une fois le sac fait, nous nous dirigeons dans les ruelles de Shinjuku en direction du Hombu Dojo. Tout le monde est de très bonne humeur et nous réalisons que nous sommes très chanceux de ne loger qu'à 10 minutes de marche du dojo. Cela deviendra un avantage significatif dans les jours à venir, car cela veut dire que nous pourrons rentrer nous reposer entre les entraînements, un luxe que beaucoup de visiteurs du Hombu Dojo ne peuvent se permettre puisqu'ils résident trop loin de l'Aikikai. Il est important de noter que l'Aïkikaï ne propose pas de lieu de repos pour les voyageurs et ceux-ci doivent donc envahir les cafés locaux afin de se détendre entre deux classes. La marche vers le Hombu Dojo est très agréable, car elle nous fait passer dans les petites ruelles de Shinjuku qui, avec leurs nombreux restaurants et boutiques, font ressembler cette partie de la mégalopole à une petite ville.
Lignes électriques dans les rues de ShinjukuNous passons devant une petite échoppe ou un vieux couple prépare du Tofu (豆腐) frais tous les matins et un peu plus loin, c'est la bonne odeur dégagée par une petite boulangerie qui régale nos sens et torture nos ventres vides. Je deviendrai bientôt accroc à leur brioche en forme de tortue après une dure matinée d'entraînement... Nous passons également devant plusieurs konbini, petits restaurants de yakitori et sushi à 10 places, et des très utiles laveries automatiques ouvertes 24h/24. On se rend compte également de l'omniprésence des lignes électriques et de téléphone, décrivant des sortes de toiles d'araignées complexes au-dessus de nos têtes. Il paraît que les lignes sont laissées à l'extérieur à cause de la fréquence des tremblements de terre.
Distributeurs automatiques dans Maneki StreetPour finir, nous passons devant un nombre incalculable de distributeurs automatiques qui font une partie très importante du paysage urbain de Tokyo. Vous pouvez trouver dans ceux-ci tout ce que vous désirez, cigarettes, boissons froides et chaudes dont de massives cannettes de bière Asahi de 1L, sandwiches, jouets, fleurs et même... bananes !
Entrée du Hombu Dojo de l'AïkikaïRapidement, nous nous retrouvons en face du bâtiment du Hombu Dojo de l'Aïkikaï à Wakamatsu-cho, le site légendaire où se trouvaient la maison d'O Senseï et le Dojo du Kobukan (皇武館道場). Depuis 1967, c'est un bâtiment en béton de trois étages qui sert de quartier général de la fondation Aikikai. Je récemment écris un article complet décrivant le Hombu Dojo et donnant des conseils pour les Aïkidokas en voyage.
Guillaume Erard pratiquant au Hombu DojoOn ne peut s'empêcher d'être un peu nerveux à l'approche de ce lieu mythique pour tout Aïkidoka. Tellement de l'histoire de l'Aïkido s'est déroulée en ces lieux que l'on se sent tout petit. L'inscription est rapide et nous montons au deuxième étage afin d'aller nous changer. Nous sommes accueillis par un tonitruant "Ohayogozaimusu!!!" (おはようございます, bonjour), il est 6h00 du matin et les vestiaires sont pleins à craquer de pratiquants de toutes les nationalités. Les Japonais représentent probablement moins de deux tiers de ce nombre. On essaie d'accéder à un casier et de se changer sans se marcher dessus les uns les autres. Alors que je passe le rideau qui sépare les vestiaires du dojo, mon cœur commence à battre alors que j'aperçois le kamidana (神棚, mur d'honneur) que j'ai si souvent vu dans les livres et les vidéos des instructeurs de l'Aïkikaï.
Le kamidana du Hombu DojoAprès l'échauffement, le Doshu commence à démontrer les techniques basiques d'Aikido, Irimi nage, Ikkyo et Shihonage. Son rôle de Dojo-sho est de préserver l'intégrité du répertoire technique et de montrer un Aikido neutre et académique jour après jour tout comme son père le faisait avant lui. À l'Aïkikaï, on s'entraine en général toute l'heure avec le même partenaire pendant toute l'heure. Le cours est fantastique et malgré le fait le dojo soit plein, tout le monde fait très attention et on se sent rapidement à l'aise. On termine la session très fatigués après un jiyu-waza de 10 minutes. Nous avons une demi-heure de battement entre les deux cours pour nous désaltérer et nous reposer et c'est Yokota Yoshiaki Senseï qui dirige la classe suivante. On se régale à l'avance d'avoir la chance de pouvoir pratiquer avec tant de Senseï au même endroit !
Yokota Yoshiaki ShihanLa seconde classe se termine à 9h00 et après un nettoyage du dojo, nous plions nos hakama (袴) et prenons une douche froide - pas d'eau chaude à l'Aïkikaï, même l'hiver ! Nous nous dirigeons ensuite vers un petit café près du Hombu Dojo, un endroit très petit géré par un sympathique couple et où nous prendrons la plupart de nos petits déjeuners. L'ambiance est assez « British » et le petit déjeuner anglais est très copieux et savoureux, une collation plus que bienvenue après deux grosses heures d'entrainement, et ce pour pas plus de 600 ¥ ! Une fois le petit déjeuner fini, il est temps pour nous d'aller découvrir les rues de Tokyo !
Pour aller plus loin:
Plan du quartier autour du Hombu Dojo avec les principaux hôtels et commerces