Une chose est sure au sujet du Japon, c'est qu'il ne manque pas de sites enchanteurs. Bien que la plupart soient bien répertoriés dans les guides touristiques et sur Internet, il arrive parfois de tomber sur l'un de ces endroits totalement par hasard. C'est ce qui m'est arrivé un dimanche soir alors que je rentrais d'une randonnée dans la région du mont Fuji. J'étais sur la route, pressé de retourner à Tokyo suffisamment tôt pour éviter les bouchons de fin de weekend lorsque j'aperçus au bord de la route un site d'aspect particulier qui me poussa à m'arrêter. Alors que je sortais de la voiture, je m'aperçus que je me trouvais devant l'entrée d'un temple Shinto et je décidai donc de m munir de mon appareil photo et de risquer de retarder mon retour, car je sentais que cet endroit méritait une inspection approfondie.
le chemin menant au templeL'endroit en question était en fait le temple Sengen de la ville de Fujiyoshida (北口本宮浅間神社), de son vrai nom, le Kitaguchi Hongu Sengen Jinja (entrée nord du temple principal de Sengen) construit en 788 afin de protéger les villages des alentours contre les éruptions volcaniques. Dédié à la déité Shinto associée au mont Fuji Konohanasakuya-hime, le temple est en le plus important des trois temples Shinto Sengen situés au nord du mont Fuji.
Le site est également le point de départ historique utilisé par les pèlerins lors de l'ascension du mont Fuji par la face nord. Le début du chemin est d'ailleurs toujours visible derrière le honden (bâtiment principal) et quelques rares grimpeurs traditionalistes font toujours une prière au temple avant de démarrer ici leur ascension. En fait, démarrer d'ici double la distance du trajet le plus communément effectué de nos jours, ajoutant à peu près cinq heures de route.
le tori de 18 mètres
Fuji Sengen JinjaLes deux bâtiments principaux du site incluent le honden rouge de style Momoyama qui fût construit en 1615 ainsi qu'un temple plus petit dédié à Takeda Shingen 武田 信玄 (1521-1573), un daimyo issu de la province de Kai et qui obtint de grands succès militaires à la fin de la période Sengoku. Le temple était en effet très apprécié des instances militaires de la période des Royaumes Combattants et c'est durant la période de paix relative procurée par le Shogunat des Tokugawa (1600-1868) que le temple a commencé à attirer le patronage des Shijiko, les pèlerins paisibles du mont Fuji. Le temple compte deux goshimboku, des cèdres sacrés (sugi) millénaires mesurant plus de 23 mètres de diamètre et servant de protecteurs au temple.
hondenLes employés du temple incluent quatre Miko-san (巫女, servantes du temple), cinq Kannushi (神主, prêtres), et un Shoshi (書士, scribe). Une petite boutique à côté du honden propose de nombreux omamori (charmes) et porte-bonheurs, dont des tozan-anzan, spécialement conçus pour protéger les grimpeurs. Le temple Sengen de Fujiyoshida est également très étroitement lié à la vie de tous les jours de la ville et sert comme lieu de réflexion, de prières ainsi que pour les célébrations de naissances, mariages, etc.
Une fête, le Yama-Biraki, a lieu le 1er juillet afin de marquer l'ouverture de mont Fuji aux randonneurs. Plus tard, le 26 août, le Himatsuri (festival du feu) a lieu, suivi le jour d'après par le Susuji Matsuri qui clôture la saison d'ouverture du mont Fuji.
Un après-midi au Kitaguchi Hongu Fuji Sengen Jinja (musique écrite et interprétée par Guillaume Erard)
Plus d'informations :
L'accès à partir de la station de Fujiyoshida se fait soit à pied (20 minutes), soit par bus par la ligne Fujiku en direction du lac Yamanakao (arrêt Kitaguchi Hongu Fujisengen Jinja-mae).