Pour ceux qui voyagent pour la première fois dans la région de Tokyo, il peut être dur de croire qu'à peine à 100 km de la mégalopole puissent se trouver certaines des plus belles plages du Japon. La péninsule d'Izu (Izu Hanto) se trouve au sud-ouest de Tokyo et elle propose de nombreuses attractions dont des paysages grandioses, des lignes de côtes escarpées, des plages paradisiaques et des hébergements de type traditionnel japonais, les ryokan, sans oublier des sources chaudes naturelles, les onsen. Évidemment toutes ces qualités font de la région une destination très prisée des Tokyoïtes en week-end ou en vacances. Au-delà de ces considérations touristiques, la péninsule d'Izu n'a jusqu'à très récemment compté que très peu dans l'histoire du Japon. Lorsque la péninsule d'Izu prit finalement le devant de la scène via la ville de Shimoda, elle changea de façon dramatique et durable l'ensemble du Japon et tous ses habitants. Les événements qui prirent place là-bas en 1854 ne furent rien de moins que la première ouverture du Japon au monde extérieur alors que le pays était placé sous la politique isolationniste du Sakoku depuis plus de 200 ans. Cela provoqua indirectement la tombée du régime millénaire des shoguns et le retour inattendu de l'empereur en tant que dirigeant du pays durant la restauration Meiji de 1868.
Ce changement fondamental se passa dans le petit port de pêche s'appelant Shimoda (下田市). Les plus anciens signes d'activité humaine dans cette région logée entre les collines datent de la période préhistorique Jomon (-14 000 à -300 avant J.C). De nos jours Shimoda recense un peu plus de 25 000 habitants. La ville se trouvant à presque 200 km de Tokyo au bout de la péninsule d'Izu.
Avant les événements de 1854, on avait très peu entendu parler de Shimoda, à part pour son rôle entre 1616 et 1721 de poste d'inspection du shogun pour les bateaux naviguant d'Osaka à Edo. Durant ce temps, la ville bénéficia grandement de l'expansion du trafic maritime et elle devint une plate-forme d'échanges prospère. Pourtant, cette prospérité ne dura pas longtemps et à partir de 1721, Shimoda repris de plus humbles proportions puisque les postes de contrôle furent déplacés hors de la région vers un endroit plus proche d'Edo (présent Tokyo), la capitale du shogun.
Avant l'arrivée du commodore Matthew C. Perry, le Japon avait été refermé sur lui-même durant plus de 200 ans lors du Sakoku (鎖国, Pays fermé), la politique établie par le shogun Tokugawa Iemitsu. Cette politique régulait de façon très stricte des contacts et les échanges commerciaux se déroulant entre le Japon et le reste du monde. La Hollande était l'unique pays européen autorisé à commercer avec le Japon et sa zone d'échange était limitée au port de Nagasaki. D'autres arrangements similaires étaient également en place avec la Chine et la Corée. La fermeture du Japon avait été décidée en réaction à l'influence grandissante des délégations portugaises et espagnoles, particulièrement via leurs missionnaires, diffusant leur religion monothéiste. Ils commençaient à rassembler un nombre important de fidèles, ce qui provoqua rapidement des tensions sociales et politiques. Le Sakoku aboutit à l'expulsion des étrangers et l'interdiction pour les Japonais de voyager hors du Japon. Évidemment, durant toute la durée de cette politique, plusieurs tentatives furent opérées par l'Europe la Russie et les États-Unis afin de demander l'ouverture de l'archipel japonais, mais toutes furent infructueuses.
Le commodore Matthew Calbraith Perry Matthew Calbraith Perry (1794 – 1858) était un officier de la navale Américaine qui joua un rôle significatif dans l'ouverture du Japon à l'ouest. Il est aussi crédité pour être l'une des forces les plus actives derrière la modernisation de la marine américaine. Souvent appelé « le père de la marine à vapeur », il fut instrumental au développement et à l'opération de la frégate navale à vapeur américaine. À son retour aux États-Unis, Perry publia en 1957 un rapport en trois volumes intitulé « Narrations de l'expédition d'un escadron américain vers les mers de Chine et du Japon ». Matthew Perry mourut en mars 1858 à New York.
Le commodore Perry arriva dans la baie d'Edo le 8 juillet 1853 à bord de l'escadron East India, une flotte constituée de quatre massifs vaisseaux noirs à vapeur dont la taille excédait jusqu'à 24 fois la taille des plus larges vaisseaux japonais. Comme beaucoup avant lui, Matthew Perry apportait une lettre de la part de son gouvernement, écrite par le président Millard Fillmore, et adressée à l'empereur du Japon. Mais cette fois-ci, il annonça qu'il n'accepterait aucun refus et il encra ses vaisseaux près de la ville d'Uraga, pointant leurs formidables canons vers la cité, expliquant qu'il ne partirait pas avant que sa requête ne soit acceptée et menaçant que le Japon n'aurait aucun autre choix que de se rendre s'il devait utiliser sa force de frappe supérieure. Ce fut en fait la première fois que les Japonais virent les vaisseaux à vapeur de la flotte noire et ceux-ci firent grande impression sur ceux qui la virent. Une fois que les autorités japonaises acceptèrent de reconnaître la réception de la lettre, Perry déplaça ses navires vers la côte chinoise est promis qu'il reviendrait afin d'entendre la réponse du gouvernement japonais.
représentation du vaisseau noirPerry revint en février 1854 avec pratiquement deux fois plus de navires que la première fois (sept de vaisseau transportant 1265 hommes au total) et bien que les Japonais avaient consolidé leur défense de la baie d'Edo durant son absence, il fut informé que pratiquement toutes les requêtes du président Fillmore avaient été acceptées par le shogun (amitié entre les États-Unis et le Japon, assistance à tout navire américain en perdition sur les côtes japonaises, vente du matériel nécessaire pour la navigation aux vaisseau américains dans tous les ports japonais, et l'ouverture de deux ports pour le commerce sur les cinq demandés).
Ces concessions furent entérinées lors de la signature de la Convention de Kanagawa le 31 mars 1854. Il est intéressant de noter que Matthew Perry n'était, à ce moment-là, pas conscient du fait que bien que la lettre qu'il délivrait fut adressée à l'empereur du Japon, ce fut avec les représentants du Shogun qu'il signa la convention puisque celui-ci était alors le chef du pays via le régime du Bakufu (établi en 1192). Bien que Perry se présenta à Edo lors de sa première approche, c'est à Shimoda que les négociations et la signature du traité prirent place, et c'est Shimoda qui fut choisie à la place d'Edo pour accueillir les échanges maritimes commerciaux. Le Shogun était évidemment inquiet du fait d'accueillir des navires à la force de frappe si importante près de sa capitale et il se décida donc pour Shimoda, un endroit plus distant afin de conduire les pourparlers et les futurs échanges. Il choisit Shimoda très probablement à cause du fait que cette ville portuaire avait par le passé servi de point d'inspection pour les navires naviguant entre Osaka et Edo. En dépit du fait que les évènements qui suivirent l'arrivée de Perry furent perçus comme une humiliation par les Japonais, ceux-ci commémorent à présent gaiement l'ouverture sur le monde que celui-ci apporta à leur pays. La fête a lieu tous les ans en juillet durant le Festival des vaisseaux noirs.
Un café de Shimoda arborant une façade traditionnelle NamekoSuivant la signature du Traité de Kanagawa, le premier consulat américain fut établit à Shimoda au sein du temple Gyokusen-ji. Le consulat fut placé sous la direction du consul General Townsend Harris et c'est celui-ci qui négocia en 1858 le Traité d'Amitié et de Commerce qui conduisit notamment à l'ouverture de cinq autres ports au commerce: Edo, Kobe, Nagasaki, Niigata et Yokohama. En 1855, Shimoda accueillit également la signature du Traité de Shimoda qui officialisa les échanges commerciaux et la navigation entre la Russe et le Japon. Une fois encore, Shimoda bénéficia grandement de cette augmentation de trafic maritime et elle prospéra et grandit encore. Pourtant, à l'image de ce qui se passa plus de 200 ans auparavant, cette prospérité ne dura pas et l'ouverture du port de Yokohama résulta en la fermeture du port de Shimoda et la relocalisation du consulat américain vers Edo.
Sortie de la station de ShimodaÀ la suite de ces évènements et durant la restauration Meiji, l'administration de Shimoda passa plusieurs fois de mains en mains et ce qui est aujourd'hui connu comme la Ville de Shimoda fut formellement rattaché à la région du Kantô en 1876. Depuis, Shimoda retourna une fois de plus à l'arrière de la scène dans le déroulement de l'histoire du Japon même si ce port qui n'était avant accessible que par la mer est à présent bien desservi par des réseaux routiers et ferroviaires pour le plus grand bonheur des touristes et vacanciers. L'évènement le plus notable depuis ce temps fut probablement la construction en 1870 du phare de Mikomotoshima par Richard H. Burton, un ingénieur anglais. En dépit des lourds bombardements que Shimoda dut subir durant la Seconde Guerre mondiale, le phare resta debout, ce qui en fait le plus ancien phare encore fonctionnel de l'archipel. Après la guerre, six villes voisines furent incorporées à Shimoda, ce qui augmenta la taille de la vile de façon substantielle.
La danseuse d'Izu (1926) est la première œuvre publiée par l'auteur populaire Yasunari Kawabata. La végétation aux alentours de Shimoda devient rapidement le personnage principal du livre et celui-ci donne une impression remarquable de ce que devait être Shimoda il y a près de 100 ans. Kawabata reçut le prix Nobel de littérature en 1969.
Restaurant de poissons à ShimodaL'économie de Shimoda repose principalement sur deux secteurs, la pêche commerciale et le tourisme. La région est pourvue de magnifiques plages et elle attire de nombreux visiteurs durant les weekends et les vacances. Les historiens se demandent souvent à quoi Shimoda pouvait bien ressembler il y a 100 ans et plusieurs descriptions de cette beauté sauvage existent dans la littérature, en particulier dans la plus célèbre d'entre elle, la nouvelle « La danseuse d'Izu » de 'écrivain Yasunari Kawanata.
Les plages principales de Shimoda sont Tadadohama, Ohama, Shirahama et Iritahama, cette dernière étant considérée comme la plus belle du Japon. La Ville de Shimoda est une très agréable bourgade qui arbore une atmosphère calme et décontractée. Vous pouvez probablement en faire le tour en un après-midi en visitant la plupart des sites que la ville propose, mais il peut valoir la peine de prendre votre temps pour apprécier les nombreuses boutiques et cafés du centre. Étrangement pour une destination de vacance, Shimoda ne contient pas beaucoup de bars et d'après ce que je sais, pas de boite de nuit, ce qui fait que vous pouvez être sûr de profiter de nuits paisibles, et ce, même si vous optez pour l'un des hébergements aux prix les plus modestes ou l'un des plus proches des plages. Le désavantage est que les quelques restaurants de la ville sont souvent pleins et il vous faudra la plupart du temps réserver votre place afin d'être sûr de pouvoir vous restaurer le soir. Ceci dit, l'expérience vaut vraiment le coup grâce à la fraicheur extrême et la diversité des produits de la mer servis dans la plupart de ces établissements.
Plage de ShirahamaCette plage est l'une des plus proches de la Ville de Shimoda et elle certainement la plus populaire de toute la région. Tout y est, sable blanc, eaux cristallines, paysage paradisiaque, hôtels, pensions, et restaurants. Shirahama est probablement la plage la plus prisée des jeunes gens grâce à sa musique pop déversée via de nombreux haut-parleurs et à sa culture du surf. Ceci fait qu'elle sera peut-être un peu trop animée pour les gens cherchant à se ressourcer, ou pour les amateurs d'un après-midi calme à la mer avec un bon livre. Malgré cela, il n'est nul besoin de s'inquiéter, car l'atmosphère de Shimoda est très loin de la folie qui peut être rencontrée sur les plages plus proches de Tokyo comme celles de l'île d'Enoshima ou même de Kamakura. L'esprit reste bon-enfant et l'endroit est très favorable aux weekends an famille. Le soir, je fus même surpris par le calme relatif de l'endroit et je me suis demandai où tous ces jeunes gens pouvaient bien être partis pour faire la fête.
Plage de TadadohamaPour toutes les raisons citées plus haut, j'ai tendance à préférer prendre le bus afin de m'éloigner un peu de Shimoda et rejoindre la plage moins fréquentée de Tadadohama. Celle-ci a tous les magnifiques attributs de sa grande sœur, mais son atmosphère est nettement plus calme et familiale. Ceci en fait un endroit parfait pour un après-midi au calme au bord de la mer afin de faire une pause, loin de la métropole survoltée des Tokyoïtes. Personnellement, je préfère également la vue, car l'enclave est légèrement plus étroite que celle de la plage de Shirahama, ce qui lui donne un aspect de petit coin de paradis loin de la civilisation. Des hôtels et des ryokan se trouvent à courte distance de marche de la plage (certaines ont vue sur la plage), mais vous devrez probablement retourner à Shimoda (10 minutes par bus) afin de trouver un restaurant si vous désirez dîner hors de votre hôtel.
Le chemin de randonnée de Suzaki court sur 2,8 km le long de la côte et lie Suzaki Kaigan à Tsumekizaki. Tsumekizaki est accessible depuis Shimoda par le bus et cette courte randonnée vous permettra d'admirer le paysage côtier exceptionnel et la vue impressionnante sur l'océan.
Temple principal du Gyokusen-jiCe temple Zen accueillit durant trois ans le consulat américain au Japon avant que celui-ci fût transféré à la capitale d'Edo. Il est intéressant de noter que ce qui est aujourd'hui le Hondo (bâtiment principal) fut seulement construit en 1848, juste quelques années avant l'arrivée des Occidentaux. Sous l'ordre du Shogun, celui-ci fut transformé en lieu de résidence pour les visiteurs étrangers, dont, dans un premier temps, les hommes du commodore Perry. Des marins américains et russes morts en mer sont d'ailleurs enterrés dans le cimetière du temple. Le musée du temple contient plusieurs objets ayant appartenu au Consul General Townsend Harris ainsi que plusieurs photos prises durant cette période. Il est intéressant de noter qu'un monument dédié au lait fut érigé, car il semble que le consul, grand amateur de lait, fut responsable du début de la consommation du breuvage dans l'archipel, les Japonais n'en buvant pas jusque-là (frais d'entrée : 400¥).
Temple et musée du Hofuku-jiCe petit musée est dédié à la geisha Okichi Saïto et à son histoire tragique. La légende dit que les autorités japonaises, sentant que les négociations avec le consul des États-Unis Townsend Harris pourraient être facilitées si celui-ci avait l'opportunité de profiter d'une compagnie féminine. Le diplomate avait apparemment été très impressionné à la vue d'une geisha de 17 ans, Okichi Saïto, qui fut donc sommée de venir servir un l'Américain afin d'aider son pays dans ses discussions cruciales. Celle-ci était déjà financée à un pêcheur de Shimoda qu'elle connaissait depuis son enfance, mais celui-ci fut promis le rang de samouraï s'il acceptait de la laisser partir. Finalement, après de nombreuses requêtes, Okichi accepta de servir son pays et alla s'installer avec Harris. Une fois le traité signé, Harris fut affecté par son pays à d'autres tâches en dehors du Japon et Okichi se retrouva seule, délaissé par Harris qui ne l'avait jamais considéré que comme une servante. « Toshin Okichi » (l'étrangère Okichi) tel qu'elle fut nommée par la population locale fut traitée comme une étrangère puisqu'elle était à présent une rashamen (littéralement : mouton, le nom donné par les Japonais aux femmes qui se compromettaient avec des étrangers). Bientôt elle commença à boire et bien que son ex-fiancé accepta de la reprendre et de se marier avec elle, leur relation ne durera pas longtemps. Elle termina ses jours dans l'errance, se suicidant finalement à l'âge de 49 ans. Sa famille ne clama jamais sa dépouille et c'est un prêtre local qui la prit en pitié et lui accorda une sépulture décente.
Malgré cette légende, les preuves laissées par l'Histoire suggèrent qu'une grande partie fut soit fabriquée de toutes pièces, soit grandement exagérée durant les années, principalement via les potins, le bouche-à-oreille, et les œuvres de fiction. En fait, d'après l'encyclopédie Kodansha, il semble qu'Okichi ne travailla pour Townsend qu'en en tant que femme de ménage, et ce, seulement pour trois jours avant d'être renvoyée. Ceci dit, l'auteur Gary P. Leupp propose une histoire alternative en citant des extraits de nombreuses communications entre les autorités japonaises et Harris, suggérant qu'Okichi était effectivement investie d'une mission d'une nature très intime.
La tombe d'Okichi Saïto à Hofuku-jiQuelle que soit la façon dont vous abordez le problème, la vérité au sujet d'Okichi est à présent très difficile à extraire de la fiction et la ville de Shimoda a de façon très opportune établi un véritable commerce à partir de sa vie tragique. Au travers de toute la ville, vous trouverez des boutiques vendant toutes sortes de souvenirs allant de tasse de café, stylos, écharpes, et mêmes bonbons marqués à l'effigie de la jeune fille. Certains avancent même que la photographie la plus connue d'Okichi, celle affichée dans le musée dédié à sa vie et sur la plupart des marchandises vendues à son sujet, n'est même pas une photo d'elle puisque ce type particulier de technologie n'était pas disponible à l'époque de sa jeunesse. Le musée dédié à l'histoire d'Okichi se trouve dans le temple Hofuku-ji qui date du XVIe siècle. Le temple abrite en outre la tombe d'Okichi (entrée : 400 ¥). Un certain nombre d'objets ayant appartenu à Okichi ou à d'autres membres de la maisonnée y sont exposés ainsi que de nombreuses illustrations et photographies. Okichi fait maintenant partie de la culture populaire et de nombreux livres et films relatant son histoire ont été produits, le plus notable pour nous occidentaux étant probablement l'adaptation de 1958 « le Barbare et la geisha » avec John Wayne dans le rôle de Townsend Harris.
Temple Ryosen-jiCe temple est l'endroit où le commodore Perry et le représentant du shogun, Hayashi Fukusai, signèrent le Traité de Kanagawa le 25 mai 1854. Une visite guidée est dirigée par le loquace moine Diaei Matsui (parlant anglais couramment) et le musée contient plus de 3000 documents se rapportant à cette période, incluant des caricatures peu flatteuses montrant comment les Japonais voyaient les Occidentaux avec leur grand nez et leur visage rougeaud (entrée : 500 ¥ - 1000 ¥ avec visites guidées).
Ce musée relate l'évolution de Shimoda après la visite du commodore Perry. Il est très détaillé et utilise de nombreuses photographies et maquettes afin de montrer l'adaptation de cette ville à la suite de l'augmentation du trafic naval (entrée 300 ¥).
Perry RoadSi vous aimez les balades calmes et pleines de charme, Perry Road est de loin l'endroit le plus agréable à visiter. Le commodore Matthew C. Perry emprunta cette même route qui longe la rivière Hiraname lorsqu'il se rendit au temple de Ryosenji afin de signer la Convention de Kanagawa. De tous les endroits notables de Shimoda, celui-ci est probablement celui qui réussit le mieux à préserver l'atmosphère qui régnait il y a 150 ans. Les maisons traditionnelles, la fraîcheur des saules, et le cours paisible des eaux de la rivière Hiraname en font un endroit très spécial, rappelant presque l'atmosphère des vieilles cités européennes, en particulier celle de la Hollande et de ses canaux. Dans cet environnement sans âge, il est presque possible, l'espace d'un instant, de ressentir les sentiments qui durent parcourir le commodore Perry lorsque celui-ci arpenta cette route. On peut facilement passer plusieurs heures ou même un après-midi complet à découvrir Perry Road, flânant dans ses ruelles, découvrant ses multiples boutiques, et faisant une pause dans l'un de ces nombreux cafés et restaurants.
Le Konai Meguri de Shimoda (circuit du port de Shimoda) est une attraction qui permet de découvrir par la mer les alentours de Shimoda à bord d'une réplique du vaisseau noir du commodore Perry. La croisière dure environ une heure et coûte 1000 ¥.
Vue du Mont NesugataLe mont Nesugata, bien qu'il ne culmine pas à plus de 200 m au-dessus du niveau de la mer offre une vue très impressionnante de la baie de Shimoda. Le mont doit son nom Nesugata, qui veut dire littéralement « forme dormante », au fait que lorsqu'il est observé depuis Shimoda, il inspire la vue d'une femme se reposant sur son côté. Le mont est accessible soit à pied, soit via un téléphérique (aller-retour : 1200 ¥). En plus de la vue absolument fantastique, le mont Nesugata abrite un petit temple dédié à Ragaraja, la déité bouddhiste de l'amour. Il possède en outre un charmant petit parc, le Nesugata-sancho, dont le droit d'entrée est inclus dans le ticket du téléphérique. Au sommet du mont Nesugata, on trouve aussi une reconstitution de la tour de guet qui fut construite spécialement à fin de garder un œil sur les vaisseaux noirs alors que ceux-ci étaient ancrés dans la baie durant les négociations avec Perry. N'oubliez pas d'imprimer le ticket de remise disponible sur le site officiel du téléphérique de Shimoda avant de venir.
Pension Island Avenue
Le port de ShimodaNishindo est l'un des endroits les plus intéressants est improbables de Shimoda. Le bâtiment contient une charmante boulangerie au rez-de-chaussée et un restaurant italien, le Ristorante Porto Caro au premier étage. Les deux établissements sont gérés par une mère et sa fille, Shigeko et Ikuyo Yokoyama qui sont de vraies célébrités dans la région. Ikuyo est également l'auteur d'une biographie sur le fameux écrivain et réalisateur de films Yukio Mishima. Mishima se suicida dans les années 70 suivant la manière traditionnelle japonaise du seppuku afin de marquer sa contestation de ce qu'il voyait comme une perversion du système de valeurs traditionnelles japonaises à cause des influences occidentales. Ikuyo est toujours ravie de discuter avec les touristes à propos de la région et du fameux auteur fameux qu'elle a rencontré plusieurs fois puisque celui-ci était apparemment très friand des madeleines fabriquées à la boulangerie de sa mère. Je les ai goûtés et elles sont effectivement délicieuses !