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Kobukan

Bien que l’association entre le quartier de Shinjuku de Tokyo et le Hombu Dojo de l'Aikikai soit une évidence pour tous les pratiquants affiliés à l'organisation, l'imposant bâtiment de cinq étages accueillant des centaines de pratiquants venus du monde entier chaque année, peu d'entre eux connaissent vraiment l'histoire de ce lieu de pélerinage. En fait, ce n'est qu'à l'âge de 48 ans que Ueshiba Morihei, le fondateur de l'aikido, a établi son dojo et son organisation, de façon permanente dans le quartier que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de Wakamatsu-cho. Je voudrais donc revenir avec vous sur l'histoire de l’établissement de l'aikido à Tokyo.

Une succession de dojo provisoires

Ueshiba Morihei s'établit à Tokyo en 1926 suite à l'invitation de l'Amiral de la Marine Impériale Takeshita Isamu. L'homme d'affaires Umeda Kiyoshi met une partie de sa maison de Aizumi-cho, dans le quartier de Yotsuya, à disposition afin que celle-ci serve d'habitation et de dojo à Morihei, le reste de la famille Ueshiba ne quittant Ayabe pour venir vivre à Tokyo qu'en Septembre 1927. Peu après, Morihei déménage dans une autre maison prêtée gratuitement par l'industriel Morimura Ichizaemon, cette fois-ci dans le quartier de Shinagawa. Cette maison sert elle aussi de dojo. En 1927, Yamamoto Kiyoshi permet à Morihei de louer pour 25 Yen par mois une maison compacte de trois étages à Shirogane, Shiba. L'entraînement prend place dans la résidence secondaire du Duc Tsushima, dans une salle de billard reconvertie en grand dojo d'une centaine de tatami. C'est à cette période que de nombreux officiers et dignitaires reçoivent l'enseignement de Morihei. En 1928, la famille Ueshiba déménage une fois de plus dans une propriété mise à disposition par le Baron Utsumi Katsuji à Tsunamachi, Mita, Shiba. Le dojo est également établi au même endroit. La famille loue ensuite pour 85 Yen par mois une maison à Kurumamachi, Shiba, louée par le Commandant Matsushita, retraité de la Marine Impériale. La maison est très petite et la salle d'entraînement ne fait que 8 tatami, forçant le nombre croissant d’élèves à pratiquer de façon alternative. Le dojo change une fois de plus de place en 1930 pour s’établir dans le quartier de Meijirodai durant la construction d'un nouveau dojo permanent. C'est dans le dojo de Meijiro que Morihei reçoit la visite de Kano Jigoro, le fondateur du judo Kodokan.

Construction du Kobukan

Avec le nombre croissant de nouveaux élèves, il est temps de trouver un endroit plus approprié. Grâce au patronage de nombreux dignitaires et bienfaiteurs, en particulier l'amiral Takeshita Isamu, le Fondateur parvient en 1931 à faire construire un dojo dédié à la pratique de l'Aïkido dans le quartier de Walamatsu-cho dans le quartier d'Ushigome (actuellement connu sous le nom de Shinjuku). C'est un homme du nom de Hattori, le manager des propriétés de la famille Ogasawara, qui facilite la vente de l'une des résidences de la famille se trouvant à l'endroit qui est aujourd'hui encore le site du Hombu Dojo.

hombu-histoire-02Cérémonie d'ouverture du Kobukan (avril 1931). La banderole au fond du dojo est une calligraphie de Deguchi Onisaburo et dit « Ueshiba Juku » (植芝塾, école Ueshiba)

Uchi Deshi

Le terme uchi deshi (内弟子) veut littéralement dire « élève du dedans ». En akido, ce terme désigne uniquement les élèves ayant vécu au dojo avec Ueshiba Morihei et/ou Ueshiba Kisshomaru. Les derniers uchi deshi en aikido sont donc Chiba Kazuo, Kanai Mitsunari, Saotome Mitsugi, et Kurita Yutaka. Avec la construction du nouveau bâtiment, Doshu n'a plus vécu au dojo, mais dans une maison à côté. A partir de cette époque, le terme sumikomi shidoin (住み込み指導員, instructeur à domicile) a donc remplacé le terme uchi deshi.

Le bâtiment en bois d'environ 120 mètres carrés (80 tatami) est nommé Kobukan (皇武館道場, dojo du guerrier impérial). Une fois fini, l’édifice sert également de logement à la famille Ueshiba, ainsi qu'à une vingtaine d'uchi-deshi. Le programme consiste en deux cours le matin et trois le soir, avec des sessions libres entre chaque. A cause du rythme et de la sévérité des entraînements, ainsi que de la présence de pratiquants très avancés issus d'autres disciplines, le dojo devient rapidement connu en tant que « Dojo de l'Enfer d'Ushigome ». Cet âge d'or pour l'aikido est aussi le moment où un certain nombre de dojos satellites sont ouverts à Tokyo et Osaka. L'art pratiqué à l’époque par Ueshiba est nomme aiki-jujutsu puis, aiki bujutsu, et plus tard, aiki budo. Cette période est aussi un moment où Morihei s'associe particulièrement étroitement aux milieux d’extrême droite (auxquels il avait été initialement exposé via la religion Omoto), dont la Kokuryukai (黒竜会, Société du Dragon Noir) et la Sakurakai (桜会, Société du Cerisier en Fleurs), cette dernière tenant certaines de ses réunions au sein même du Kobukan.

Création du Kobukai

L’établissement d'une entité administrative pour faciliter la gestion des finances et des activités de Morihei à Tokyo devient une nécessité et en 1939, plusieurs de ses principaux partisans aident Morihei à établir le Zaidan Hojin Kobukai (財団法人皇武会), une structure à but non-lucratif le 30 Avril 1940. L'approbation officielle se fait via Tomosue Yoji, fonctionnaire du Ministère de la Santé. L'un des principaux donateurs est l'homme d'affaires Miyazaka Shozo qui a fait don de 20 000 Yen à la fondation. Le premier président n'est autre que l'amiral Isamu Takeshita et le vice-président est le général Katsura Hayashi. Parmi les membres du conseil figurent le prince Konoe Fumimaro, le marquis Maeda Toshitame, Godo Takuo, Fujita Kinya, Okada Kozaburo, Tomita Kenji et Futaki Kenzo.

kobukan-inside-02Mur d'honneur du Kobukan

Un peu plus tard, en 1942, l'aikido prend enfin son nom définitif. Cependant, il s'agit moins du fruit d'une réflexion sur comment nommer son art et sa philosophie qu'une décision bureaucratique du Dai Nippon Butokukai (大日本武徳会), organisation de tutelle des arts martiaux au Japon, afin de standardiser le nom de la discipline en le calquant sur ceux du judo, du karatedo et du kendo, et permettre à la discipline de rentrer sous son ombrelle.

kobukan-inside-01Intérieur du Kobukan

Seconde Guerre Mondiale

Avec l'accroissement de l'effort de guerre japonais, la plupart des élèves sont appelés au combat et l’activité ralenti graduellement. Cela coïncide également avec la retraite de Morihei à Ibaraki. Alors que le conflit s'intensifie, l’activité au dojo s’arrête et celui-ci sert à présent d'abri aux familles ayant perdu leurs habitations à cause des fréquents bombardements Americains. Le Kobukan est la seule structure du quartier qui résistera, principalement grâce aux efforts du second Doshu Ueshiba Kisshomaru, le fils du fondateur, qui y demeure à la demande de son père pendant toute la durée du conflit et qui doit souvent risquer sa vie pour éteindre les incendies de la toiture. A la fin de la guerre le 15 aout 1945, la Fondation Kobukai est démantelée par le général MacArthur qui rend illégale la pratique des arts martiaux. L'administration formelle de l'aikido, ainsi que Kisshomaru, le Dojo-cho, sont deplacés à Iwama pendant les prochaines années afin de permettre la survie de l'art dans un endroit plus discret loin de l'occupant. Pendant un temps, le bâtiment est même utilisé comme une salle de danse pour les troupes d'occupation. Kisshomaru doit faire preuve d'une grande patience pour faire face aux endommagements et aux pillages et le dernier réfugié ne quittera le dojo qu'en 1955.

Fondation de l'Aikikai

Kisshomaru retourne à Tokyo à partir de 1948 où il travaille en tant qu'employé de bureau (salaryman) dans la société Osaka Shoji afin de soutenir sa famille, le fonctionnement du dojo, et la subsistance des élèves vivant au dojo. Les débuts sont difficiles, et le dojo attire peu d'élèves. Ce ne sont pourtant pas moins de trois cours par jour qui sont offerts dès le début, Kisshomaru assurant le premier à 6h30 et le dernier à 18h30. Il lui arrive également de s'échapper de son travail pour assurer le cours de l'après-midi lorsque personne d'autre n'est disponible. À cette période, le toit du bâtiment n'est toujours pas réparé et le dojo est divisé en deux par un panneau afin de séparer l'espace occupé par les réfugiés et l'aire de pratique.

Les directeurs de l'ancienne fondation Kobukai décident qu'il est temps de faire reconnaître une fois de plus leur pratique par le gouvernement. Grâce au travail de Ueshiba Kisshomaru, Fujita Kinya, Nishi Katsuzo, Seko Seiichi et Nakayama Koshi, la Fondation Aikikai (財団法人合気会, Zaidan Hōjin Aikikai) est officiellement approuvée le 9 février 1948 par le Ministère de l'Éducation, ce qui relance officiellement la pratique de l'aïkido dans l'archipel nippon après des années de mise en sourdine.

Le texte qui suit est la lettre accompagnant la demande d'autorisation de la Fondation Aikikai envoyée au Ministère :

1. Aikido

Rien dans le monde n'est plus précieux que la santé. Un esprit puissant et de forte vitalité ne peut émerger que d'un corps sain. Nous croyons fermement au fait que ces corps et esprits solides vont jouer un rôle vital dans la reconstruction du Japon.

Aikido reflète notre destinée à coexister comme des êtres naturels. La position triangulaire distincte en hanmi (posture) de l'Aïkido est en rapport avec le concept de la « voie du milieu », qui est telle que, « Si mise en évidence, elle se répandra dans le monde entier, tandis que si elle est gardé secrète, son existence va disparaître de la vue ». [L'auteur de cette citation est Ninomiya Sontoku.] En tant qu'art de culture de la santé, l'Aïkido unit le corps et l'esprit avec la terre et le ciel. Il développe aussi l'habileté de se défendre contre ceux qui veulent nous nuire. Les mouvements de l'Aïkido, sont circulaires lorsqu'on se défend, comme un carré lorsqu'on se déplace vers l'extérieur, comme un cône lorsqu'on est en garde en position debout, comme une spirale lorsqu'on est en mouvement, et comme un bijou lorsqu'on va vers l'intérieur. Le caractère fluide et en constante évolution de l'Aikido échappe à toute tentative de description. Il est possible que les traitements du légendaire docteur Kada fussent de même nature. [Docteur Kada est dit avoir développé la discipline de massage des pieds et de réflexologie Sokushindo.]

Les multiples facettes de l'Aikido pourraient nous amener à le comprendre comme une activité combinant l'étude de la santé avec les arts de kagura-mai [danse rituelle offerte comme prière]. Il est aussi un art d'éducation physique, un outil puissant pour la formation du caractère, et une façon de cultiver la vitalité, pour construire le palais d'or pour la vie. Aussi bien les hommes que les femmes peuvent le pratiquer. Au fur et à mesure que ses techniques sont perfectionnées, l'esprit, ainsi que le corps, subissent une purification. Cette expérience rafraîchit tellement le pratiquant qu'il atteint un état superieur : « L'état de néant, une excellence naturelle à partir de laquelle, sans intention, on répond librement et spontanément à l'évolution de flux d'événements. » [Ce passage cite un rouleau écrit par Kaishu Katsu pour Jigoro Kano, fondateur du Judo Kodokan.]

L'Aikido offre la possibilité de mouvements infinis dans toutes les directions, s'adaptant à l'évolution de toutes les situations qui se présentent. Tout naturellement une énergie puissante accumule de sorte que Hashin lchinyo [faisant huit corps ou plus n'en devenir qu'un] devient facile, ainsi, le corps et l'esprit entrent naturellement en équilibre. L'Aikido guide également le pratiquant qui cherche à atteindre les quatre vertus : Jujun [flexibilité]; Kyogo [force indomptable]; Eichi [sagesse], et Shisei [sincérité]. C'est seulement via sa pratique personnelle que l'on peut maîtriser ces idées et les comprendre, comme le proverbe nous le rappelle, ils sont « plus facile à dire qu'à faire. » Le secret de la maîtrise est tout simplement : on maîtrise le michi (voie) de l'Aïkido via une pratique active.

2. L' histoire du développement de l'Aïkikaï

Le 21 Octobre 1939, un groupe dirigé par messieurs Kinya Fujita et Kozaburo Okada a réuni un large éventail de partisans issus de tout le Japon lors d'une réunion inaugurale visant à établir une fondation pour promouvoir et diffuser les enseignements de l'Aïkido. L'Aikido a été créé par monsieur Morihei Ueshiba, qui a géré un établissement privé au 102 Wakamatsu-cho, Ushigome-ku. Tokyo. Le 14 Novembre 1939, la fondation a obtenu l'autorisation officielle, et pendant les sept ans qui ont suivi, elle a œuvré pour le développement et l'éducation des disciples. Au cours du dernier demi-siècle dernier, la nation a été conduite sur un chemin incorrect, déviant de la vraie Voie. Suite à la défaite du Japon pendant la guerre, un retour à la voie de la sincérité et de la vertu est devenu possible. Jusqu'à présent, afin d'éviter sa cooptation à des fins erronées, l'Aïkido a maintenu une posture discrète et a opéré sur une échelle réduite, s'abstenant de faire une promotion active de l'art et ne formant que ceux reconnus pour être de caractère bienveillant. Nous avons enseigné cet art seulement à ceux qui voulaient en faire une utilisation positive et altruiste. Dans les circonstances nouvelles du moment présent, nous pouvons maintenant commencer à exprimer l'esprit original et véritable de l'Aikido plus ouvertement.

3. Les plans pour l'avenir

L'aïkido est un art à la signification profonde. Une fois qu'il sera mis à la disposition de tous, il se répandra au loin, se connectant à tous les niveaux de la société plutôt que seulement avec une élite. Son potentiel d'expansion est illimité. Cependant afin de le comprendre, il faut participer et pratiquer réellement.

Le fondateur de l'aïkido, Morihei Ueshiba, est un génie rare, et non une personne aux intérêts étroitement professionnels. Son taijutsu [techniques du corps] se base sur en entraînement qui donne la plus haute priorité à l'amour mutuel entre les êtres humains. Même si les techniques d'Aikido peuvent être appliquées dans des situations de vie ou de mort, l'Aïkido est lui-même connecté à l'amour du cœur. Les techniques d'Aïkido démontrent l'exécution de la justice par l'amour. Il devrait être évident que les techniques d'Aïkido existent afin de protéger l'amour humain. Quel genre de technique serait-il sans amour? L'Aiki se prononce comme Ai ki (énergie d'amour), et les significations sont liées.

Tenant compte de ces croyances comme un guide, Morihei Ueshiba s'est entraîné diligemment depuis plusieurs décennies. Pendant la guerre du Pacifique, il fermé temporairement le Hombu Dojo situé au 102 Wakamatsu-cho, Ushigome-ku, Tokyo. Dans le même temps, il a construit une ferme Aiki et un dojo à Shimogo Iwama-cho, dans la préfecture d'Ibaraki, où il avait précédemment acheté sept hectares de terrain. Il a transféré sa résidence à Iwama et s'est consacré à l'agriculture, accueillant ceux qui venaient de près et de loin. Il a continué à enseigner l'Aikido avec comme principe le fait que les taisabaki [les mouvements du corps] de l'Aikido doivent être les mêmes que les mouvements d'agriculture.

Cette nouvelle application inclus quelques modifications aux règles de la Fondation Aïkikaï. Alors que l'esprit et l'intention de la fondation restent inchangés, certaines reformulations ont été nécessaires afin que ses principes ne soient pas mal interprétés dans le contexte des circonstances nationales et internationales actuelles. Nous avons aussi jugé bon de changer l'emplacement officiel du Hombu Dojo de l'Aïkido à Iwama, où Morihei Ueshiba, aujourd'hui président de la nouvelle fondation, a établi sa résidence permanente.

Une fois que cette application recevra l'approbation officielle, l'ancien Hombu Dojo à Wakamatsu-cho, Ushigome sera désigné comme un dojo de branche affiliée au Hombu Dojo d'Iwama. Il est prévu que le Dojo de Wakamatsu-cho offre une formation qui réponde aux besoins de l'époque, et de cette manière, fasse une modeste contribution à la reconstruction d'un nouveau Japon.

Ce sont en fait les autorités qui ont recommandé le déplacement administratif temporaire du Hombu Dojo vers Iwama, principalement dans le but d'éviter les frictions avec les forces d'occupation. En 1948, le nom du dojo principal est changé en « Aikido Hombu Dojo de la Fondation Aikikai » et il n'est transféré du dojo d'Iwama vers celui de Tokyo qu'en 1953.

kobukan-1967Le Kobukan en 1967

La publication de l'Aikikai-ho, le journal de la fondation, démarre en 1950 et elle se poursuit encore aujourd'hui sous la forme de l'Aikido Shinbun. Ensuite, O Sensei lui-même commence à revenir fréquemment enseigner à Tokyo. La prise en mains du dojo par Kisshomaru ouvre les portes aux non-Japonais. En 1955, le Hombu Dojo accueille pour trois ans André Nocquet, son premier élève résidant étranger. Ce dernier se révèle être un atout majeur pour le développement de l'aïkido au Japon et à l'étranger grâce à ses nombreux contacts dans les ambassades. Le second élève étranger à résider au dojo est l'américain Terry Dobson, il est suivi par un certain nombre d'autres dont le Canadien Henry Kono et l'Irlandais Alan Ruddock. En 1963, l'astronaute Americain John Glenn visite le dojo et rencontre Ueshiba Morihei.

ueshiba-glennJohn Glenn rencontrant Ueshiba Morihei au Hombu Dojo en 1963

Construction du nouveau dojo

L'entraînement continue même durant le chaos de l'après-guerre, et peu à peu, le nombre d’élèves augmente. Vers 1955, les cours passent de trois sessions par jour à cinq ; les cours du dimanche commencent vers 1965. En 1967, le dojo en bois est détruit pour faire place à un bâtiment moderne en béton armé de trois étages. Le nouveau bâtiment ouvre officiellement le 2 janvier 1968

hombu-histoire-05O Sensei présidant la cérémonie Shinto marquant le début des travaux de construction du Hombu Dojo en 1967

L’emplacement où se tenait jadis le Kobukan abrite à présent la maison familiale des Ueshiba et le dojo se trouve sur le terrain juste à côté. La même année, l'aikido gakko (合気道学校, école d’aikido) est créée et le Hombu Dojo est reconnu par le gouvernement de la ville de Tokyo comme la seule école habilitée à l'enseignement de l'aikido.

hombu-histoire-01Bâtiment original de trois étages du Hombu Dojo de l'Aikikai (1968)

Aujourd'hui, l'école offre des cours de niveaux différents pour pratiquants débutants, intermédiaires, ainsi que pour le perfectionnement. Des cours distincts pour les débutants et pour les femmes commencent en 1970. Le bâtiment est modernisé en 1973 avec l'ajout d'un quatrième et d'un cinquième étage, ce qui porte la superficie totale du bâtiment à environ 380 mètres carrés (250 tatamis) répartis dans trois dojos. L’aire de pratique principale accueillant les cours avancés occupe 105 tatamis (162 mètres carrés), le second dojo : 72 tatamis (112 mètres carrés) et le troisième dojo : 42 tatamis (65 mètres carrés).

aikikai-hombu-dojo-batiment

Bâtiment actuel de cinq étages du Hombu Dojo de l'Aikikai (2008)

En 1975, les classes pour les enfants sont ajoutées, et vers 1985, suite à l'introduction au Japon de la semaine de travail de cinq jours, les horaires d'entraînement le samedi et le dimanche sont élargis. En 1994, une salle de réunion et une salle contenant des archives du fondateur sont ouvertes au troisième étage de la résidence de la famille Ueshiba qui jouxte le Hombu Dojo. La salle de réunion est principalement utilisée pour les réunions des membres du conseil d'administration de l'Aikikai et de la Fédération japonaise d'Aikido. La salle des archives est utilisée pour exposer les effets personnels et les œuvres calligraphiques du Fondateur. Ces ajouts renforcent le statut du Hombu Dojo comme centre de l'aikido.

hombu-histoire-06Salle des archives dédiée à la mémoire de O Sensei au Hombu Dojo

Selon les statuts, le Hombu Dojo aspire à l'enrichissement et au développement de l'aikido sous l'autorité du Doshu Ueshiba Moriteru, aidé par ses instructeurs travaillant ensemble pour répondre et surpasser les attentes du monde entier.

Cours et événements ayant lieu au Hombu Dojo

Aujourd'hui, plus de 500 membres du Hombu Dojo peuvent pratiquer tous les jours de 6h00 à 20h00 et les trois dojo sont continuellement utilisés au cours de la journée. Plus de trente enseignants professionnels à plein temps aux grades allant de 2e au 9e dan se partagent les cours et les professeurs des cours réguliers ont le grade minimum de 6e dan.

En plus des cours réguliers, des sessions saisonnières spéciales sont également menées : le shochugeiko (暑中稽古, entraînement d’été, prenant place de fin juillet à début août) et le kangeiko (寒稽古, entrainement d'hiver, prenant place de fin janvier à début février). Tous deux ont lieu pendant 10 jours d’affilée, et les élèves qui assistent à chaque session reçoivent un certificat.

kangeiko-certificat-2012

Certificat au kangeiko 2012

Des stages ont également lieu pour les écoles secondaires pendant les vacances de printemps et d'été.

La veille du Nouvel An, de 23h30 à 00h30, Doshu, le chef de l'Aikikai, conduit le etsunengeiko (越年稽古, pratique de fin d’année), un cours spécial au cours duquel plus de 200 membres se réunissent pour pratiquer dans le grand dojo du troisième étage. Lors du naorai (直会, le banquet qui suit la pratique), Doshu fait un discours, puis tous les participants célèbrent la nouvelle année en consommant du saké et la nourriture précédemment offerte aux dieux.

Le kagamibiraki (鏡開き, ouvrir le miroir), la cérémonie de coupe du gâteau de riz de la nouvelle année, a lieu le dimanche de la deuxième semaine de janvier. Quelques 1 000 pratiquants venus de tout le Japon se réunissent et remplissent les trois dojos du bâtiment. À cette occasion, Doshu donne une démonstration comme une offrande aux dieux. En outre, les promotions Dan (ceinture noire) sont annoncées, et une cérémonie a lieu afin de présenter des diplômes pour les pratiquants de haut rang.

Kagamibiraki 2016

Pour en savoir plus sur le fonctionnement du Hombu Dojo et sur comment vous comporter si vous allez là-bas, allez lire mon Guide du Hombu Dojo de l'Aikikai.


Bibliographie

À propos de l'auteur
Guillaume Erard
Biographie
Fondateur du site en 2007, Guillaume est un passionné de culture et d'arts martiaux Japonais. Après avoir pratiqué le Judo pendant l'enfance, il débute l'Aïkido en 1996 et le Daïto-ryu Aïki-jujutsu en 2008. Il détient actuellement les grades de 5e Dan en Aïkido (Aïkikaï) et 3e Dan en Daïto-ryu Aïki-jujutsu (Takumakaï). Guillaume est également passionné de science et d'éducation et il détient un doctorat en Biologie Moléculaire depuis 2011. Il vit à Tokyo et s’entraîne au Hombu Dojo. > Voir le profil complet

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