Tokyo se réveille sous la neige

Voir la neige tomber à Tokyo est assez rare, cela arrive tout au plus une ou deux fois par an. De plus, à cause la taille et l’effervescence de la mégalopole ont en général rapidement raison de la couverture ouatée. Ce matin, j'ai donc été surpris de voir un flot intense de flocons tomber devant ma fenêtre et couvrir les toits des bâtiments de l'autre côté de la rue. Un peu inquiet que ce la ne dure pas, je me suis donc armé de mon appareil photo et j'ai pris les quelques clichés qui suivent en chemin pour le travail.

Dans une ville où tout est réglé comme un horloge Suisse, où les trains arrivent à quai à la minute près, il peut être très surprenant de s’apercevoir à quel point les choses ralentissent aussitôt que le moindre flocon de neige tombe. Les lignes de train sont souvent retardées or même arrêtées à cause des incidents variées que celle-ci provoque, directement ou pas. Je m'attendais à ce que la neige se transforme en pluie et boue très rapidement et j'ai été assez surpris de voir les gros flocons tomber et tenir jusqu’à dans l'après-midi. Depuis que je me sis installé à Tokyo, je me sens étrangement beaucoup plus proche (ou à la merci) des caprices de la nature. Je pense que ce sentiment est dû aux conditions météorologiques parfois extrêmes que peut subir le Japon avec par exemple les typhons, dont le dernier Roke, auquel j'ai fait référence il y a quelques temps. A cause de la densité de population et des conditions de trafic routier horribles, la plupart des Tokyoïtes optent pour les transports en commun et se retrouvent par conséquent à énormément marcher durant la journée et donc, à devoir faire face aux éléments. 

Shibya Bunkamura sous la neigeShibya Bunkamura sous la neige

Pour finir, je suis en permanence surpris par la relative médiocrité de l'isolation thermique des bâtiments au Japon, même les plus récents. Ceci en plus du fait que la principale source de chauffage réside en l'aire conditionné, rend la vie au Japon comme une vraie bataille contre le froid (il en est en fait de même contre la chaleur infernale l'été). Je me demande souvent si cela est du aux normes anti-sismiques qui empêchent peut-être l'utilisation de fenêtres en PVC ou de mousse d'isolation. Ceci dit, l'une des caractéristiques principales des maisons traditionnelles japonaises est qu'elles sont totalement ouvertes sur la nature. Le chauffage consiste en général en un kotatsu (炬燵), une table basse en bois recouverte d'un futon qui abrite un foyer. Le chauffage central reste effectivement très rare au Japon. 

Izakaya à Udagawa-choIzakaya à Udagawa-cho

C'est à cause en partie à la nature contemplative des japonais, et aussi aux conditions mentionnées plus haut, que le moindre changement de temps fait l'objet d'une couverture médiatique importante. Ce matin, toutes les chaines de TV avaient dépêché des reporters pour couvrir la neige tombant à Tokyo et les perturbations qu'elle engendrait. 

Tokyo Tower dans le brouillardTokyo Tower dans le brouillard

C'est donc depuis mon domicile de Shibuya que j'ai donc pris la route jusqu’à Azabudai, pas loin de la tour de Tokyo. Un épais brouillard réduisait grandement la visibilité et la fameuse tour, avec sa forme caractéristique et ses couleurs criardes était l'un des rares monuments encore visibles de loin. 

Carrefour d'AzabudaiCarrefour d'Azabudai

 

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À-Propos

Site officiel de Guillaume Erard, auteur, instructeur et vidéaste résident permanent au Japon - 5e Dan Aïkido du Hombu Dojo de l'Aïkikai de Tokyo / 5e Dan Kyoshi (professeur) de Daïto-ryu Aïki-jujutsu du Shikoku Hombu Dojo.