Bulletin d'actualité du Daito-ryu Nº1

Bulletin d'actualité du Daito-ryu Nº1

Dans cette nouvelle série, je vous propose d'étudier en détail les bulletins publiés par le Daitokan sous la direction de Takeda Tokimune sensei entre 1973 et 1991. Le but de cette série est de vous présenter l’ensemble de 68 numéros et d'essayer d’en mettre en évidence les contenus les plus notables. Les articles de cette série suivront tous la structure d’analyse suivante :

  • Format : Vous remarquerez au fil des articles que certains petits détails semblent avoir changé au fil de la publication.
  • Points notables : Contenu clé ayant attiré mon attention
  • Notes personnelles : Réflexions, analyses, etc.
  • Discussions : La section des commentaires vous sera ouverte afin de poser vos questions

J'espère que vous apprécierez ! Puisqu’il s’agit du premier article de cette série, portons notre attention sur le premier numéro de ce bulletin publié en août 1973.

Format

Ses huit pages font de ce numéro l'un des plus épais. Il est imprimé sur du papier non glacé standard et les feuillets sont retenus via leur coin supérieur par une agrafe. Une chose que j'ai remarquée dans ce tout premier numéro est la présence d’icônes intrigantes dans les coins inférieurs de certaines pages.

Certains d'entre vous ont peut-être une idée de leur signification.

Je n’ai pas trouvé d'icônes de ce type dans les autres numéros que j’ai parcourus jusqu’à présent. La première icône est assez facile à comprendre pour les pratiquants de Daito-ryu, mais la deuxième et la troisième sont probablement un peu plus énigmatiques.

Points notables

Compte-rendu de la démonstration commémorative du 30e anniversaire de la mort de Takeda Sokaku sensei.

Il est intéressant de voir que tant de représentants d’écoles classiques dont le Niten Ichi-ryu et le Shinto Muso-ryu ont accepté l’invitation et se sont rendus jusqu’à Abashiri pour l’événement. Même aujourd'hui, le trajet comprend au moins un vol et une heure de bus environ (en supposant que tout ce petit monde y soit allé de Honshu). Les passages surlignés montrent que Kondo Katsuyuki sensei et Kondo Masayuki sensei ont démontré les traditions suivantes :

  • Ono-ha Itto-ryu (probablement Masayuki sensei, et pas Katsuyuki sensei)
  • Masaki-ryu (Masayuki sensei et Katsuyuki sensei)

Même chez les enthousiastes des koryu, le Masaki-ryu n’est pas une tradition très connue. J'étais conscient du fait que Kondo sensei avait étudié le Shirai-ryu, mais je ne savais pas qu'il y avait des traces de lui ayant démontré autre chose que du Daito-ryu dans le passé. En outre, Tomabechi senpai est indiqué comme ayant démontré pour le Negishi-ryu. Ce n’est pas particulièrement surprenant et l'histoire qui circule dit que Tokimune sensei l'a personnellement envoyé étudier cette tradition martiale. J’ai entendu de nombreuses histoires sur la façon dont Tokimune sensei a laissé ses élèves étudier d’autres traditions (à condition qu’ils obtiennent son approbation et son consentement), mais c’est intéressant de voir une preuve écrite de cela. Un autre point d'intérêt dans cette partie (non surlignée) est que l'Ono-ha Itto-ryu apparaît deux fois (merci à Grigoris Miliaresis, un ami pratiquant de Ono-ha Itto-ryu, de l'avoir remarqué lors de la relecture de cet article). La deuxième entrée est écrite comme suit :

Ono-ha Itto-ryu Gogyo-no-kata (autre que Yamashita sensei)

Il s’agit probablement d'une erreur. Le gogyo-no-kata est un ensemble de kata créé par Takano Sasaburo, que Tokimune sensei avait rencontré avec son père Sokaku à plusieurs reprises. Takano lui-même était un pratiquant de Nakanishi-ha Itto-ryu, pas d'Ono-ha Itto-ryu (bien qu'il semble que ces deux noms aient été considérés comme interchangeables par certains pendant une partie de leur histoire). Ceci a peu d'importance puisque l'ensemble des kata est généralement plus étroitement associé au kata de Kendo moderne qu'à l’Itto-ryu.

Réponse aux questions : Comment Takeda Sokaku sensei est arrivé à Hokkaido.

Dans cette section, Tokimune sensei décrit les conditions dans lesquelles Sokaku sensei a déménagé à Hokkaido, ainsi que des visites de certaines personnes qui deviendront connues plus tard.

Une partie de l’article.

Il est intéressant de noter ici que l’amiral Takeshita Isamu est décrit comme un chercheur en Daito-ryu. Cela semble suggérer qu'il suivait un fil d'Ariane et qu'il avait déjà eu des contacts avec le Daito-ryu. Cela aurait du sens, étant donné qu'à ce moment-là, Sokaku sensei avait voyagé à travers le pays ; L'amiral Takeshita a dû rencontrer des policiers, des dignitaires ou visité l'un des dojo de branche que Sokaku sensei avait autorisé.

Cette description est d'autant plus intéressante lorsqu'elle est comparée à la façon dont Tsuruyama Kozui est décrit en tant que chercheur en Aikido. Étant donné les affirmations du Nihon-den Daito-ryu selon lesquelles Tsuruyama serait le successeur de Hisa Takuma, on pourrait se demander si Tsuruyama était aussi important au sein du Daito-ryu que certains semblent le dire.

Branche de Katsushika : Objectifs et développement de la Fondation.

Cela pourra en surprendre certains, mais Kondo sensei n'a jamais détenu le titre de directeur de branche à Katsushika - malgré le fait qu'il ait lui-même établi le dojo et en grande partie financé sa construction et son fonctionnement. En 1973, il détenait le titre de Shidobucho (ou directeur du département d'instruction), et prendrait plus tard le titre de Tokyo so-shibucho (ou directeur de toutes les succursales de Tokyo). Ishibashi lui-même serait plus tard remplacé par Tomabechi senpai.

Le zèle du quartier général de Shikoku.

J'avais entendu parler de visites de membres du dojo de Shikoku au Daitokan, mais cet extrait semble indiquer que des membres du Daitokan ont également été envoyés pour y former des gens. Je ne suis pas absolument sûr que Suzuki se réfère à Suzuki Shinpachi, mais étant donné qu'il était l'une des deux seules personnes à avoir jamais obtenu une licence kyoju dairi par Tokimune sensei, il est raisonnable de supposer que l'article fait référence à lui.

Liste des officiels.

Ceci est vraiment intéressant pour plusieurs raisons :

  1. Hisa Takuma semble être répertorié comme Daito-ryu Aikibudo Honbucho, assisté par deux shihan ; Kanno Inokichi et Akimoto Den (laissant apparemment entendre qu'il y avait plus d'un quartier général).
  2. Bien qu’il ait été précédemment décrit comme un chercheur en Aïkido, Tsuruyama est listé comme membre de l’organisation de Tokimune sensei (ce qui semble conforme au nom de son organisation - les Aikijodokai).
  3. Le Honbu Dojo Shikoku est également répertorié ici, avec ce qui semble être sa branche associée.

De toute évidence, Tokimune sensei essayait d'inclure les différentes factions là-bas. Cela n'a pas dû être une tâche facile, étant donné que beaucoup étaient dirigées par des personnes qui avaient appris directement de son père. En fait, de la liste des succursales ici

Notes personnelles

Ce numéro a été plutôt dense à parcourir, et j’y reviendrai probablement plus tard, une fois que je l’aurai numérisé correctement (et utilisé un outil OCR pour indexer le contenu). Une fois que je l’aurai fait, je créerai probablement une deuxième partie, ou bien je réviserai cet article. Dans l'ensemble, ce bulletin m'a laissé l'impression que Tokimune sensei essayait vraiment d'étendre son action, à la fois en intégrant d'autres groupes, mais aussi en partageant ses connaissances. Je trouve également assez impressionnant que le dojo Katsushika apparaisse déjà dans cette édition (se voyant attribuer environ une demi-page), étant donné qu'il n'existait que depuis quelques années à ce moment-là.

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À-Propos

Guillaume Erard est titulaire du grade de 6e Dan en Aïkido (Fondation Aikikai - Aikido Hombu Dojo de Tokyo), et du titre de Kyōshi 5e Dan en Daïto-ryu Aiki-jujutsu (Hombu Dojo de Shikoku). Résident permanent au Japon, il dirige un dojo d’Aïkido à Yokohama et anime régulièrement des stages internationaux. Il est docteur en biologie moléculaire et titulaire d’un Master 2 en sciences de l’éducation. Ses recherches portent notamment sur les dimensions pédagogiques et historiques de la transmission des arts martiaux japonais. Il a publié de nombreux articles dans des revues spécialisées en France et au Japon, et a collaboré à la rédaction du dernier ouvrage de Christian Tissier.

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