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Biographie de Kenneth Cottier, élève direct d'O Sensei et pilier de l'aïkido en Asie

J'ai précédement écrit au sujet d'un certain nombre de pionniers étrangers de l'aïkido, y compris de mon professeur et bon ami Alan Ruddock, qui avait l'habitude de me parler longuement du petit groupe d'étrangers qui ont étudié à l'ancien Aikikai Hombu Dojo au milieu des années 60 sous Ueshiba Morihei Sensei. Alan avait des choses merveilleuses à dire sur chacun d'eux, mais j'ai toujours senti qu'il devenait particulièrement animé lorsqu'il parlait de Ken Cottier. Alan étant irlandais et Ken anglais, ils se sentaient peut-être liés culturellement dans cet environnement qui leur était si étranger. Aujourd'hui, je voudrais raconter l'histoire de Ken Cottier, basée sur ce qu'Alan m'a dit, sur certains des propres écrits de Cottier qu'Alan a compilés dans un livre avant de mourir, et sur les souvenirs de quelques personnes qui ont gentiment accepté de me parler.

Biographie de Kenneth Cottier, élève direct d'O Sensei et pilier de l'aïkido en Asie

Biographie de Virginia Mayhew, fondatrice du New York Aikikai et élève directe de O Sensei

B eaucoup d'entre nous aikidoka aimons en apprendre plus sur la vie des différents pionniers de notre art. Que ce soit au sujet des disciples japonais d'Ueshiba Morihei qui sont partis dans le but de développer l’aïkido hors du Japon, ou bien des premiers Occidentaux qui ont tout abandonné pour aller à la rencontre du fondateur, les histoires riches et hautes en couleurs ne manquent pas. Pourtant, certains d'entres eux, qui même s'ils ont eu un parcours au moins aussi riche, sont restés dans l'ombre. L'une de ces personnes est Virginia Mayhew, qui fut l'une des premières pratiquantes d’aïkido américaine et une élève directe de Ueshiba Morihei. Bien que son nom soit parfois mentionné par des instructeurs mieux connus qu'elle, peu d'informations sont disponibles sur sa vie. Aujourd'hui, j'aimerais revenir sur son parcours incroyable et mettre en lumière son influence sur le développement de notre art.

Biographie de Virginia Mayhew, fondatrice du New York Aikikai et élève directe de O Sensei

Etude du journal personnel d’André Nocquet

Dans le numéro d'avril 2020 de Hiden, j'ai décrit la vie d'André Nocquet, qui fut le premier uchi deshi étranger d'Ueshiba Morihei de juin 1955 à octobre 1957. Nocquet est décédé en 1999 et il a confié à Frank de Craene et Claude Duchesne, deux de ses élèves proches, la garde de ses affaires. Peu de temps avant son décès, de Craene m'a confié la charge de préserver certains de ces objets et de trouver autant d'informations que possible à partir de ces éléments. J'ai accepté sa demande et j'ai commencé à les étudier très attentivement. Le mois dernier, j'ai décrit le résultat de mes recherches au sujet d'une veste de keikogi qui fut donnée par O Sensei à Nocquetkeikogiune veste de keikogi qui fut donnée par O Sensei à Nocquet. Aujourd'hui, je voudrais livrer une analyse de certaines parties choisies d'un journal que Nocquet a écrit pendant son séjour au Japon, afin que vous puissiez découvrir certaines des pensées intérieures de Nocquet, de ses aspirations, et comme pour tous les humains, de certaines de ses contradictions intrinsèques. Notez que la version originale en japonais de cet article est disponible pour les gens qui mes soutiennent sur Tipeee.

Etude du journal personnel d’André Nocquet

La mystérieuse veste de keikogi d'O Sensei

Je connais le nom d'André Nocquet depuis presque aussi longtemps que je connais l'aikido. En effet, la photo le montrant faisant face à un vieil homme japonais est la première chose que j'ai vue en entrant dans le dojo de Michel Desroches, mon premier professeur. Il se trouve que j'ai commencé ma pratique de l'aikido dans la fédération d'André Nocquet et de fait, j'ai entendu beaucoup d'histoires fantastiques sur sa vie et son voyage de pionnier au Japon afin d'étudier avec le fondateur Ueshiba Morihei. En tant que jeune garçon, cela m'a fait forte impression et j'ai souvent rêvé de suivre ses traces et d'étudier au Japon avec les maîtres. Plus tard, au début de mon travail d'historien de l'aikido, j'ai profité de mes différents entretiens et projets pour recueillir autant d'informations que possible sur Nocquet. J'ai publié un certain nombre d'éléments dans mes articles et j'ai finalement pu écrire une biographie qui a été récemment publiée dans les pages du plus fameux magazine du Japon sur les arts martiaux, Hiden Monthly (月刊秘伝). L'article suivant est lui disponible en japonais dans le numéro de juin 2020.

La mystérieuse veste de keikogi d'O Sensei

Ueshiba Morihei et la fuite d'Osaka - Ce n'est pas nécessairement vrai

J'ai déjà eu l'occasion de décrire en détails les parcours de Hisa Takuma et Nakatsu Heizaburo, qui furent les élèves de Ueshiba Morihei, puis Takeda Sokaku, au dojo du journal Asahi d'Osaka entre 1934 et 1939. Cette période est particulièrement intéressante pour moi puisque outre l'aikido, je pratique également le Daito-ryu aiki-jujutsu dans la lignée de Hisa au sein du Takumakai, et dans celle de Nakatsu au sein du Shikoku Hombu. Bien que j'aie eu l'occasion de discuter avec beaucoup d'anciens issus de ces deux lignées, beaucoup de points restent encore à éclaircir au sujet de cette époque, en particulier les circonstances entourant l’arrivée de Takeda Sokaku à Osaka en juin 1936, et le départ de Ueshiba Morihei.

Ueshiba Morihei et la fuite d'Osaka - Ce n'est pas nécessairement vrai

Takashimaya : La première démonstration publique d’Aïkido dont on ne sait presque rien !

La plupart des livres d'histoire sur l'Aïkido mentionnent à un moment ou à un autre la célèbre première démonstration publique tenue pendant cinq jours sur le toit du grand magasin Takashimaya dans le quartier de Tokyo de Nihonbashi. Elle est significative puisqu'elle constitue l'une des plus importantes ruptures entre le caractère secret de la transmission du Daïto-ryu Aïki-jujutsu et les ambitions universelles de l'Aïkido. Bien que cet événement ait vraiment été la pierre angulaire du développement de l'Aïkido au Japon et au-delà, j'ai réalisé au fil de mes années de recherche que les informations disponibles à ce sujet étaient très incohérentes, ce qui m'a toujours dérangé puisque j'essaie toujours de m'assurer que les informations ajoutées dans mes articles sont exactes. J'ai commencé à examiner tout cela plus attentivement et j'ai découvert qu'en effet, la plupart des sources disponibles contenaient certaines inexactitudes, allant de la date à laquelle l'événement lui-même a eu lieu, aux images utilisées pour accompagner le texte.

Takashimaya : La première démonstration publique d’Aïkido dont on ne sait presque rien !

Où est mon argent !? - Ce n'est pas nécessairement vrai

Certains vont sûrement trouver le sujet de cet essai, une dette personnelle vieille de cent ans, plutôt trivial, mais c'est la manière dont cette dette est interprétée qui définit toutefois la nature de la relation entre deux hommes : Takeda Sokaku et Ueshiba Morihei. Il est remarquable de voir comment une affirmation, aussi anecdotique soit-elle, peut créer un mythe, ou du moins le confirmer. Le mythe en question est la relation dominatrice de Takeda Sokaku avec son élève, Ueshiba Morihei, et par extension, le fait que Sokaku était avare, voire même malhonnête. Le compte de cette dette prétendument injuste est utilisé pour étayer l’affirmation selon laquelle Takeda Sokaku contrôlait de manière intrusive et inextricable la vie d'Ueshiba. Pour les partisans d'Ueshiba, ce dernier est perçu comme une sorte de victime, lié par l'honneur et la loyauté à un enseignant qui lui faisait des demandes insistantes et déraisonnables.

Où est mon argent !? - Ce n'est pas nécessairement vrai

« Aikido » - La version anglaise défunte du Journal de l'Aikikai

Josh Gold, le successeur du regretté Stanley Pranin m'a récemment donné accès aux archives d'Aikido Journal, qui sont une véritable mine d'or pour quiconque porte un intérêt à l'histoire de notre art. En parcourant quelques uns des innombrables dossiers un dimanche matin, nous sommes tombés sur quelque chose d'assez intéressant : un certain nombre de numéros d'un journal en anglais sobrement intitulé « Aikido ». Il s’est avéré que nous étions en train d'examiner une version anglaise oubliée de l’Aikido Shinbun, un journal japonais publié de longue date par l'Aikikai. Je voudrais vous emmener avec moi pour un petit tour dans cette véritable machine à remonter le temps et partager une partie de son contenu.

« Aikido » - La version anglaise défunte du Journal de l'Aikikai

Kobayashi Hirokazu, maître de Daito-ryu ?? - Ce n'est pas nécessairement vrai

Il y a quelque temps, Aikido Journal a publié des extraits d'un courrier électronique entre le regretté Stanley Pranin et André Cognard, qui dirige un groupe indépendant d'Aikido en Europe. L’article met en évidence une relation selon eux inconnue entre l’enseignant de M. Cognard, Kobayashi Hirokazu, qui fut élève en Aikido de Ueshiba Morihei après la guerre, et Hisa Takuma, qui a de son côté appris le Daito-ryu Aiki-jujutsu avec Ueshiba au Journal Asahi d'Osaka au début des années trente. Cette publication a attiré mon attention parce que je suis moi-même un pratiquant d'Aikido au Hombu Dojo de l’Aikikai, mais aussi de Daito-ryu Aiki-jujutsu dans une lignée qui perpétue l'enseignement de Hisa. Dans cet article, je voudrais offrir un complément d’information sur ce lien et examiner les conclusions qu'on peut raisonnablement tirer des faits à notre disposition, dont certaines peuvent différer légèrement de ce qui a été publié jusqu’à présent.

Kobayashi Hirokazu, maître de Daito-ryu ?? - Ce n'est pas nécessairement vrai

Budo Renshu : La clé technique de l'Aikido de Ueshiba Morihei

Je voudrais discuter aujourd'hui de l'un des thèmes que j'ai abordés dans la série de stages que j'ai donnés en France cet été. Le livre Budo Renshu est un recueil de techniques créé sous la supervision de Ueshiba Morihei en 1934 afin de servir d'aide mémoire aux élèves ayant atteint le niveau Hiden Mokuroku en aiki-jujutsu. Les illustrations ont toutes été dessinées par Kunigoshi Takako, une étudiante en arts ayant débuté la pratique de l'aikido en 1933 au Kobukan. Les pratiquants ayant servi de modèles sont Yonekawa Shigemi et Funahashi Kaoru, deux deshi de l'époque, et ils posaient pour Kunigoshi en suivant les instructions de Ueshiba Morihei. Ce dernier participait en outre à la rédaction des textes accompagnant les dessins. On peut donc dire que Budo Renshu représente de façon fidèle la façon dont Ueshiba Morihei envisageait son enseignement à cette époque.

Budo Renshu : La clé technique de l'Aikido de Ueshiba Morihei

L'origine et la signification des démonstrations d'arts martiaux au Japon

Jes beaux jours sont de retour et avec eux, leur lot de démonstrations et d’événements martiaux en tout genre. En effet, il s'agira bientôt de se préparer pour la grande démonstration annuelle de l'Aiki Taisai et quelques semaines plus tard, pour celle du All Japan Aikido Demonstration au Nippon Budokan de Tokyo. Suivront ensuite les stages d’été (合宿, gasshuku) qui sont eux aussi souvent ouverts ou clôturés par des démonstrations. Quel meilleur moment alors pour réfléchir au sujet de l'origine et des enjeux des démonstrations d'arts martiaux ? C'est ce que je vous propose de faire dans l'article qui suit.

L'origine et la signification des démonstrations d'arts martiaux au Japon

Articles de journaux japonais inédits au sujet d'André Nocquet

En tant que chercheur amateur sur l’histoire de l’Aïkido, j'ai la chance de pouvoir côtoyer certains des derniers grands Maîtres, élèves directs d'O Sensei. Je me trouvais le week-end dernier en compagnie d'Isoyama Hiroshi Shihan et nous discutions de l’évolution de l’Aïkido depuis le choix de sa diffusion au grand public. Nous parlions, entre autre, du rôle de certains pionniers, dont André Nocquet (lire sa biographie ici). André Nocquet a bien entendu grandement contribué à la diffusion de l’Aïkido en Europe, mais son rôle pour la promotion de l'art au Japon est moins connu hors de l'archipel. Tada Hiroshi Shihan, un autre pionnier de l’Aïkido et archiviste méticuleux, m'avait lui aussi parlé, quelques mois avant, du rôle de Nocquet au Japon. D'ailleurs, lorsqu'il a appris que j'avais fait mes débuts en Aïkido au sein du groupe créé par Nocquet, il a tenu à rentrer chez lui pour aller chercher un certain nombre documents dont il m'a ensuite fait cadeau. Je vous propose aujourd'hui de découvrir certains d'entre eux. Il s'agit de quatre coupures de journaux (Yomiuri Shimbun) datant de 1956 et revenant sur le rôle d'André Nocquet, et de l'Ambassade de France au Japon, dans la promotion de l’Aïkido et du Judo. Je tiens à remercier Tada Shihan du fond du cœur pour m'avoir donné ces document à la valeur inestimable pour nous autres enthousiastes de l'histoire de l’Aïkido.

Articles de journaux japonais inédits au sujet d'André Nocquet

À-Propos

Guillaume Erard est titulaire du grade de 6e Dan en Aïkido (Fondation Aikikai - Aikido Hombu Dojo de Tokyo), et du titre de Kyōshi 5e Dan en Daïto-ryu Aiki-jujutsu (Hombu Dojo de Shikoku). Résident permanent au Japon, il dirige un dojo d’Aïkido à Yokohama et anime régulièrement des stages internationaux. Il est docteur en biologie moléculaire et titulaire d’un Master 2 en sciences de l’éducation. Ses recherches portent notamment sur les dimensions pédagogiques et historiques de la transmission des arts martiaux japonais. Il a publié de nombreux articles dans des revues spécialisées en France et au Japon, et a collaboré à la rédaction du dernier ouvrage de Christian Tissier.

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