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« Ru - Ru - Bu » : Le tourisme à la Japonaise (Voir, Manger, S'amuser)

Les Japonais sont connus, entre autre, pour leur approche assez idiosyncratique des choses. Celle-ci est souvent une source d'intérêt, mais aussi parfois de confusion chez les observateurs non-issus de l'archipel. L'un des clichés les plus répandus au sujet des Japonais est celui de bus bondés traversant pays après pays et déversant des hordes de touristes, le temps d'arrêts express, afin de prendre des photos avec des appareils dernier cri, et d’acheter des friandises locales.

« Ru - Ru - Bu » : Le tourisme à la Japonaise (Voir, Manger, S'amuser)

Yanaka : Le « vieux Tokyo »

Tokyo est une ville de contrastes où quelques vestiges des temps anciens côtoient les constructions démesurées et hi-tech d’aujourd’hui. Dans cette ville sans repos, il est possible de se faire une idée du Tokyo de l’avant-guerre en se rendant dans le quartier préservé de Yanaka que beaucoup considèrent comme le vieux Tokyo. Les vieilles rues pavées bordées de bâtiments anciens, les sanctuaires, les petites boutiques et la décoration surannée des maisons ont un charme désuet qui repose de l'agitation de la mégalopole. Ce quartier plus emprunté par les vélos que les voitures a résisté aux bombardements de la dernière guerre mondiale, et a survécu au grand tremblement de terre de 1923 et au grand incendie d'Edo de 1657.

Yanaka : Le « vieux Tokyo »

Le Oedo Onsen Monogatari et les bains publics au Japon

On sait que bien souvent, les adaptations Nippones de lieux ou concepts issus de l'étranger tiennent plus de la vision de Walt Dysney que de la reconstitution historique, mais ce que l'on sait moins est le fait que les Japonais ont tendance à passer leur propre culture à la moulinette de ce qu'ils appellent l'"Amuse", le divertissement. L'exemple que je voudrais présenter aujourd'hui est le Oeodo Onsen Monogatari, la reconstitution d'un bain public traditionnel de la période d'Edo, mais mis à la sauce Theme Park...

Le Oedo Onsen Monogatari et les bains publics au Japon

Wakimachi, l'ancien centre du commerce de l’indigo du Sud du Japon

La ville de Wakimachi est située dans la préfecture de Tokushima qui occupe la partie est de l'île de Shikoku. Shikoku est la plus petite des quatre îles principales japonaises et elle est reliée à la plus grande, Honshu, par les ponts d'Onaruto et d'Akashi-Kaikyo. Wakimachi fut durant les ères Edo et Meiji une très prospère ville de marchands, de par sa position centrale dans la distribution de l'indigo (aïzome, 藍染め) via la rivière Yoshino. Les pratiquants d'arts martiaux traditionnels japonais connaissent bien l'aïzome puisque c'est la teinture qui est utilisée pour la confection d'articles comme les hakama et certains dogi. Pour les non-pratiquants, une des grandes attractions de la ville est son quartier de Mainakashima qui a su préserver les anciennes résidences des marchands d'aïzome et en particulier, leurs udatsu, deux colonnes construites de chaque côté du premier étage des façades.

Wakimachi, l'ancien centre du commerce de l’indigo du Sud du Japon

Hanami : Balade dans Tokyo pour admirer les cerisiers en fleurs

Tous les ans au Japon, le fleurissement des Sakura, les cerisiers, marque une sorte de renaissance après les durs mois d'hiver. Cet événement fait partie des plus importants dans le calendrier des Japonais et beaucoup d'entre eux se rassemblent en famille ou entre collègues pour admirer les fleurs blanches ou roses, et bien sûr pour déguster ensemble quelques yakitori arrosés de bière bien fraîche. Cette année, encore plus que toutes les autres, cette renaissance est palpable partout. Le Grand Tremblement de Terre et Tsunami de l'Est du Japon ainsi que la crise nucléaire qui s'ensuivirent avaient grandement gâché le plaisir du Hanami l'an dernier et cette année, on sent que les gens sont heureux de faire redescendre la pression et pouvoir une fois de plus s'adonner à une contemplation et à un hédonisme insouciant.

Hanami : Balade dans Tokyo pour admirer les cerisiers en fleurs

La tour de Tokyo, vestige obsolète d'une époque dorée

Imaginée à l'origine afin de servir de relais centralisé pour la télévision et la radio lors du boom de communication qui eut lieu à la fin des années cinquante, la tour de Tokyo (東京タワー, Tokyo Tower) était jusqu'à peu la plus haute tour de métal du monde (333 mètres). Ce record fut battu lorsque sa remplaçante, la Tokyo Sky Tree, atteint sa taille maximale fin 2011. Construite en 1958 selon un concept similaire à celui employé par Gustave Eiffel pour la tour qui porte son nom, la tour tokyoïte dépasse néanmoins de 13 mètres sa jumelle parisienne. Autre différence, elle est beaucoup plus légère et elle arbore un bariolage orange et blanc requis par les règles de transport aérien.

La tour de Tokyo, vestige obsolète d'une époque dorée

Shimoda : L'ouverture du Japon sur le reste du monde

Pour ceux qui voyagent pour la première fois dans la région de Tokyo, il peut être dur de croire qu'à peine à 100 km de la mégalopole puissent se trouver certaines des plus belles plages du Japon. La péninsule d'Izu (Izu Hanto) se trouve au sud-ouest de Tokyo et elle propose de nombreuses attractions dont des paysages grandioses, des lignes de côtes escarpées, des plages paradisiaques et des hébergements de type traditionnel japonais, les ryokan, sans oublier des sources chaudes naturelles, les onsen. Évidemment toutes ces qualités font de la région une destination très prisée des Tokyoïtes en week-end ou en vacances. Au-delà de ces considérations touristiques, la péninsule d'Izu n'a jusqu'à très récemment compté que très peu dans l'histoire du Japon. Lorsque la péninsule d'Izu prit finalement le devant de la scène via la ville de Shimoda, elle changea de façon durable l'ensemble du Japon et tous ses habitants. Les événements qui prirent place là-bas en 1854 ne furent rien de moins que la première ouverture du Japon au monde extérieur alors que le pays était placé sous la politique isolationniste du Sakoku depuis plus de 200 ans. Cela provoqua indirectement la tombée du régime millénaire des shoguns et le retour inattendu de l'empereur en tant que dirigeant du pays durant la restauration Meiji de 1868.

Shimoda : L'ouverture du Japon sur le reste du monde

L'île d'Énoshima, le lieu où les sanctuaires et les plages se rencontrent

Énoshima est une petite île au large de la côte est du Japon située dans la Baie de Sagami, non loin de Kamakura dans la province de Kanagawa. L'île a une circonférence d'environ quatre kilomètres et elle est reliée à la métropole via le pont d'Énoshima-ohashi qui court sur 660 mètres dans le prolongement de la rivière Katagase-gawa. Depuis Kamakura, il suffit de prendre la ligne de train Énoshima Densetsu en direction de Fujisawa et de s'arrêter à la station Katase-Énoshima. Le trajet dure moins d'une demi-heure et offre une vue assez jolie de la côte. Depuis la station de Katase-Énoshima, vous devrez juste marcher vers le sud-ouest pendant quelques minutes pour rejoindre le pont Énoshima-ohashi.

L'île d'Énoshima, le lieu où les sanctuaires et les plages se rencontrent

Randonnée sur le mont Takao dans la région de Hachioji

S i vous séjournez à Tokyo, vous voudrez peut-être échapper temporairement à l'oppressante et tentaculaire cité afin de découvrir un peu la campagne nippone. Pourtant, si la durée de votre séjour est limitée, vous ne voudrez pas forcément passer beaucoup de temps dans les transports ou bien dépenser vos yens dans un hébergement supplémentaire. Dans ce cas-là, l'idée de partir juste pour la journée vous séduira peut-être, mais où aller puisque Tokyo est connue pour s'étendre presque infiniment sur des kilomètres de zones bétonnées ? Un endroit parfait pour ce genre de balades est le mont Takao (Takao-san 高尾山). Destination très appréciée des Tokyoïtes en week-end, le mont Takao se trouve à peine à 50 km à l'est du centre de Tokyo, au cœur du Parc National Meiji no Mori Takao (明治の森高尾国定公園 Meiji no Mori Takao Kokutei Kōen) près de Hachioji.

Sanctuaire du Kitaguchi Hongu Fuji Sengen Jinja au pied du Mont Fuji

_U ne chose est sûre au sujet du Japon, c'est qu'il ne manque pas de sites enchanteurs. Bien que la plupart soient bien répertoriés dans les guides touristiques et sur Internet, il arrive parfois de tomber sur l'un de ces endroits totalement par hasard. C'est ce qui m'est arrivé un dimanche soir alors que je rentrais d'une randonnée dans la région du mont Fuji. J'étais sur la route, pressé de retourner à Tokyo suffisamment tôt pour éviter les bouchons de fin de week-end lorsque j'aperçus au bord de la route un site d'aspect particulier qui me poussa à m'arrêter. Alors que je sortais de la voiture, je m'aperçus que je me trouvais devant l'entrée d'un temple Shinto et je décidai donc de me munir de mon appareil photo et de risquer de retarder mon retour, car je sentais que cet endroit méritait une inspection approfondie.

Sanctuaire du Kitaguchi Hongu Fuji Sengen Jinja au pied du Mont Fuji

À-Propos

Guillaume Erard est titulaire du grade de 6e Dan en Aïkido (Fondation Aikikai - Aikido Hombu Dojo de Tokyo), et du titre de Kyōshi 5e Dan en Daïto-ryu Aiki-jujutsu (Hombu Dojo de Shikoku). Résident permanent au Japon, il dirige un dojo d’Aïkido à Yokohama et anime régulièrement des stages internationaux. Il est docteur en biologie moléculaire et titulaire d’un Master 2 en sciences de l’éducation. Ses recherches portent notamment sur les dimensions pédagogiques et historiques de la transmission des arts martiaux japonais. Il a publié de nombreux articles dans des revues spécialisées en France et au Japon, et a collaboré à la rédaction du dernier ouvrage de Christian Tissier.

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