Promotion de Cyril Lagrasta au rang de 5e Dan - Kagamibiraki 2014

Promotion de Cyril Lagrasta au rang de 5e Dan - Kagamibiraki 2014

J'ai récemment eu le plaisir de découvrir sur le mur du Hombu Dojo le nom de mon ami Cyril Lagrasta dans la liste des pratiquants promus au rang de 5e Dan Aikikai. Étant donnée l'influence que Cyril a eue sur mon parcours, j'ai pensé qu'il était opportun de présenter son parcours et de mettre en lumière ce que ce professeur passionné a accompli au fil des années.

J'ai rencontré Cyril pour la première fois lors d'un stage d'Aikido en Irlande dirigé par Kuribayashi Takanori Shihan. Kuribayashi Sensei était invité par John Rogers, le fondateur et instructeur en chef de l'Irish Aikido Federation. Après plusieurs années à pratiquer sous la direction de John Rogers, Cyril Lagrasta est parti fonder son propre groupe, le Dublin Aikikai Aikido afin de transmettre sa vision de la pratique de l'Aikido. Commençant avec une poignée de débutants, il a développé son club et l'a fait devenir le second groupe d'Aikido en Irlande après celui de John Rogers. En arrivant en Irlande, je savais évidemment qu'il existait un groupe d'Aikido qui était sous la direction d'un Français, mais j'avais volontairement choisi de m’éloigner des chemins de la pratique de l'Aikido à la française et je pratiquais donc sous la direction de John Rogers à son dojo près de Trinity College.

Cyril Lagrasta enseignant à Dublin

Durant le stage j'ai eu pour la première fois l'occasion de discuter, un peu malgré moi, avec Cyril et quelques-uns de ses élèves. Contrairement à mon apriori, je dois avouer que j'ai été très agréablement surpris par la gentillesse et la bonne humeur qui se dégageaient de ces gens et de leur pratique. À la fin du stage, j'ai remercié Cyril et il m'a fait promettre de passer le voir à son dojo un de ces jours.

Cyril Lagrasta enseignant à Dublin

Quelques semaines après notre première rencontre, je me suis finalement rendu à Phibsboro, un des quartiers au nord de Dublin réputés pour être un peu plus difficiles que les quartiers sud dans lesquels j’évoluais d'habitude. Une fois là-bas, j'ai été très surpris par l’intensité de la pratique et j'avoue en avoir bavé. Alors que la pratique chez John Rogers était difficile d'un point de vue mental et au niveau de l’étiquette, celle chez Cyril Lagrasta était beaucoup moins formelle, mais elle ne faisait aucun compromis au niveau de l'engagement et de l’intensité. Malgré les difficultés physiques et techniques, le bon contact que nous avons eu et le challenge auquel j'ai fait face lors de cette pratique m'ont fait reconsidérer mes choix de pratiques et je me suis décidé à m'inscrire chez Cyril, même si son dojo se trouvait beaucoup plus loin de chez moi.

Cyril Lagrasta enseignant à Dublin

Une fois que je suis devenu membre du Dublin Aikikai, Cyril a pris sur lui de me former dans ce qu'il considérait être la bonne pratique et il ne m'a rien laissé passer pendant les deux années qui ont suivi. Je pratiquais depuis plus de dix ans et cette remise en question de mes acquis a été, je dois le dire, source de pas mal de frustration, mais je me suis vite aperçu qu'en suivant les conseils de Cyril, je progressais plus, et plus vite que jamais auparavant. Au-delà de l'aspect purement technique, Cyril m'a également offert de nombreuses opportunités. Il m'a d'abord permis d'obtenir enfin mes équivalences de grades Aikikai après plusieurs années de tentatives infructueuses en Angleterre au sein de l'United Kingdom Aikikai et en Irlande chez John Rogers. Cyril m'a aussi rapidement proposé d'enseigner et nous avons tous les deux beaucoup travaillé pour développer encore plus le club via une présence en ligne, des articles, et pas mal de vidéos. J'ai aussi grâce à Cyril pu faire la connaissance de grands professeurs français dont Marc Bachraty, Luc Mathevet, et Christian Tissier.

Cyril Lagrasta enseignant à Dublin

C'est aussi Cyril qui m'a poussé à ouvrir mon propre dojo au centre-ville de Dublin dans un bâtiment flambant neuf et dans lequel j'ai pu enseigner pendant deux saisons avant de quitter l'Irlande. Cyril est aussi celui qui m'a poussé à transformer en réalité un rêve d'enfant : partir au Japon. Lorsqu'il a commencé à préparer le voyage, j’étais dans une période difficile de mon doctorat et je considérais ne pas faire partie du voyage. Cyril a su me convaincre de faire un break et venir avec lui et je me suis donc retrouvé à Tokyo avec lui pour un séjour qui allait changer ma vie. Ma vie en a été tellement changée que c'est d'ailleurs pour le Japon que je suis parti lorsque j'ai quitté l'Irlande une fois mon doctorat terminé.

Cyril Lagrasta et Guillaume Erard à HarajukuCyril Lagrasta et Guillaume Erard en 2008 à Harajuku

En 2012, Cyril a lui aussi quitté l'Irlande pour s'installer avec sa famille près de la Suisse. Le groupe de Dublin est maintenant à la charge de ses élèves irlandais et Cyril voyage toujours régulièrement pour y donner des stages. Il enseigne aussi régulièrement en France et à l’étranger, en particulier à Budapest (Hongrie) et Tallinn (Estonie).

Cyril Lagrasta enseignant à Dublin

Cyril a été promu lors du dernier Kagamibiraki au grade de 5e Dan Aikikai et quand on réfléchit à tout ce qu'il a accompli, la plupart du temps à la seule force de sa volonté, on ne peut que saluer cette reconnaissance de son investissement pour l'Aikido. Pour ma part, je ne peux qu’éprouver une reconnaissance sincère envers ce pratiquant surdoué et cet être humain généreux. Si vous en avez l'occasion, n'hésitez pas à aller le voir ! Pour aller plus loin allez lire l'interview que j'ai faite avec Cyril lorsque nous vivions en Irlande

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À-Propos

Guillaume Erard est titulaire du grade de 6e Dan en Aïkido (Fondation Aikikai - Aikido Hombu Dojo de Tokyo), et du titre de Kyōshi 5e Dan en Daïto-ryu Aiki-jujutsu (Hombu Dojo de Shikoku). Résident permanent au Japon, il dirige un dojo d’Aïkido à Yokohama et anime régulièrement des stages internationaux. Il est docteur en biologie moléculaire et titulaire d’un Master 2 en sciences de l’éducation. Ses recherches portent notamment sur les dimensions pédagogiques et historiques de la transmission des arts martiaux japonais. Il a publié de nombreux articles dans des revues spécialisées en France et au Japon, et a collaboré à la rédaction du dernier ouvrage de Christian Tissier.

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