Ce n’est pas nécessairement vrai : Où est mon argent !?

Ce n’est pas nécessairement vrai : Où est mon argent !?

Certains vont sûrement trouver le sujet de cet essai, une dette personnelle vieille de cent ans, plutôt trivial, mais c'est la manière dont cette dette est interprétée qui définit toutefois la nature de la relation entre deux hommes : Takeda Sokaku et Ueshiba Morihei. Il est remarquable de voir comment une affirmation, aussi anecdotique soit-elle, peut créer un mythe, ou du moins le confirmer. Le mythe en question est la relation dominatrice de Takeda Sokaku avec son élève, Ueshiba Morihei, et par extension, le fait que Sokaku était avare, voire même malhonnête. Le compte de cette dette prétendument injuste est utilisé pour étayer l’affirmation selon laquelle Takeda Sokaku contrôlait de manière intrusive et inextricable la vie d'Ueshiba. Pour les partisans d'Ueshiba, ce dernier est perçu comme une sorte de victime, lié par l'honneur et la loyauté à un enseignant qui lui faisait des demandes insistantes et déraisonnables.

Takeda, tout feu tout flammes, errant dans tout le Japon comme un tengu, Ueshiba, désireux de trouver un guide tout en accumulant du capital social parmi les terroristes et les budoka, militaires et nobles.

Se contenter de raconter l'histoire d'un homme qui a trouvé un enseignant, étudié différentes clés de bras, projections et immobilisations, et proposé de nouvelles interprétations sur la manière de faire les mêmes techniques est trop banal. La naissance de l'Aïkido, considéré comme un art de transformation spirituelle et un art martial invincible et unique, nécessite le mythe. Par conséquent, la relation tendue entre Ueshiba Morihei et son professeur, Takeda Sokaku, à elle seule, indépendamment de toute innovation technique ou psychologique, rend cette histoire digne d'un drame antique. Le premier, Takeda, est un homme irascible et paranoïaque qui semble avoir eu besoin de créer des liens avec des disciples, pour ensuite les rejeter ou plus ou moins les ignorer après en avoir trouvé d'autres. Le second, Ueshiba, est un homme qui cherche quelque chose au-delà de la chair et du sang, et qui paradoxalement s'efforce de trouver cela dans le monde de la violence, comme un gnostique qui s'efforce de libérer les étincelles de la divinité des griffes de la boue du monde matériel. Et puis ils se rencontrent : Takeda, tout feu tout flammes, errant à travers le Japon comme un tengu aux ailes coupées, et Ueshiba, désireux trouver un guide tout en accumulant du capital social parmi les terroristes et les budoka, les militaires et les nobles. Takeda était un homme libre qui s'était construit par lui-même, associé à aucun enseignant vivant ni à aucune lignée, mais qui paradoxalement était pris dans le piège de son propre tempérament paranoïaque car rien n'est plus solitaire que de vivre derrière un mur de lances. Ueshiba était tout sauf libre la majeure partie de sa vie car une fois qu'il a trouvé ses professeurs, Takeda et Deguchi, il a été piégé par des obligations envers les deux hommes qui liaient leurs partisans à des règles féodales qu'ils n'ont jamais eux-mêmes suivies. Takeda, à sa manière, aimait Ueshiba, le genre d'amour d'un chat sauvage qui ne partira jamais, mais vous griffe la figure chaque fois que vous laissez tomber votre garde. Ueshiba a-t-il aimé Takeda ? Peut-être à la manière dont on aime une petite amie folle ; elle vous fait vibrer comme personne d'autre, mais elle essaie de vous écraser avec sa voiture chaque fois que vous lui suggérez de vous séparer.

Alors, bien sûr, ils se sont disputés au sujet de l'argent.

Le 15 septembre 1922, Takeda Sokaku a octroyé à Ueshiba un kyoju dairi (教授代理, une licence d'enseignant assistant) qui stipulait clairement : « Lors de l'inscription d'un élève, un paiement initial de trois yen doit être versé à Takeda Dai-Sensei, à titre de frais d'inscription ». Stanley Pranin a écrit à ce sujet : « Plus tard, chacun a accusé l'autre d’irrégularités en matière financière et les comptes rendus de leurs dernières rencontres révèlent la nature non résolue des différends qui les opposaient ».

Extrait du eimeiroku de Takeda Sokaku montrant qu'il a attribué le kyoju dairi à Ueshiba Morihei le 15 septembre 1922. Le texte faisant référence aux arrangements monétaires dit : « Lors de l'inscription d'un élève, un paiement initial de trois yen doit être versé à Takeda Dai-Sensei, à titre de frais d'inscription ».

Cette responsabilité fiduciaire a en fait été donnée à tous ceux qui ont reçu un tel titre. Notez ces trois kyoju dairi, celui d'Ueshiba Morihei en 1922, celui de Sato Keisuke en 1935 et celui de Nakatsu HeizaburoNakatsu Heizaburo fait partie de l'équipe de sécurité du journal Asahi d'Osaka qui a étudié avec Ueshiba Morihei et Takeda Sokaku dans les années trente. Vous pouvez lire une biographie de Nakatsu Heizaburo ici. en 1937. La seule différence est que les honoraires sur celui de Sato étaient de deux yens au lieu de trois.Merci à Josh Gold d'avoir ouvert les archives de Stanley Pranin et à Guillaume Erard et Christopher Li d'avoir extrait ces documents et les avoir traduits.

Extrait de l'eimeiroku de Takeda Sokaku montrant qu'il a attribué le kyoju dairi à Sato Ekisuke le 10 juin 1935. Le texte faisant référence aux arrangements monétaires dit : « Lors de l'inscription d'un élève, un paiement initial de deux yen doit être versé à Takeda Dai-Sensei, à titre de frais d'inscription ».

Extrait de l'eimeiroku de Takeda Sokaku montrant qu'il a attribué le kyoju dairi à Nakatsu Heizaburo, Akune Masayoshi et Kawazoe Kuniyos en octobre 1937. Le texte faisant référence aux arrangements monétaires dit : « Lors de l'inscription d'un élève, un paiement initial de trois yen doit être versé à Takeda Dai-Sensei, à titre de frais d'inscription ».

Notez également que l'écriture de chaque certificat est différente. Takeda étant presque analphabète, ce sont ses élèves ou un scribe tiers qui écrivaient les certificats. Cela prouve que Ueshiba s'est engagé en pleine connaissance de cause ; on ne lui a pas remis un certificat jusqu'alors caché qu'il était à présent obligé de suivre.

Stanley m'a dit qu'il avait interrogé un expert sur l'histoire de la monnaie Japonaise à propos de ces frais, et qu'il lui avait été répondu que trois yens valaient 260 dollars. J’ai demandé à Stanley pourquoi il n’existait pas de comptes rendus de personnes ayant eu des problèmes avec Takeda concernant cette somme exorbitante, et il a concédé que même si les autres instructeurs de Daito-ryu étaient probablement soumis aux mêmes attentes, ils n'enseignaient qu'à un petit nombre d’étudiants rigoureusement sélectionnés. Stanley pensait qu'ils choisissaient sûrement des personnes pouvant payer les frais d'inscription. Ueshiba, en revanche, enseignait à un très grand nombre de personnes dans divers contextes : la force paramilitaire de l'Omoto-kyo, lors des stages publics et au sein de son Kobukan Dojo. Selon Stanley, il n’était jamais formellement établi qui était réellement considéré comme un monjin (門人, élève formel), donc bien sûr, cela devait créer des problèmes entre Takeda et Ueshiba.

Il est vrai que certains instructeurs de Daito-ryu ont la désagréable habitude de dire que quiconque signe leur eimeiroku devient automatiquement leur élève.

Est-ce que tous les disciples de l'Omoto-kyo ainsi que tous ceux qui ont suivi les stages d'Ueshiba devaient payer 260 dollars ? Considérez que si telle était la condition et si Ueshiba était un homme d'honneur, il aurait été personnellement obligé de compenser la différence pour tous les élèves qui n'étaient pas en mesure de payer. Cela aurait été une somme incroyable atteignant facilement plusieurs centaines de milliers de dollars. Cependant, la raison pour laquelle cette histoire de monjin n'a pas été « formellement définie » est que, dans les arts traditionnels japonais, la définition d'un élève et la façon dont on le devenait étaient comprises de tous. Il est inimaginable que des participants à un stage ou des membres de la milice de l'Omoto-kyo aient été considérés comme des monjin du Daito-ryu d'Ueshiba (il ne faut pas se tromper, c'est ce qu'Ueshiba enseignait dans les années 1920 et 1930, il l'a clairement déclaré et il a lui-même remis des certificats de Daito-ryu à certains de ses propres élèves dans les années 1930)Ce fut souvent le livre Budo Renshu qui fut donné par Ueshiba à titre de certificat de Daito-ryu Aiki-jujutsu. Vous pouvez en lire plus à ce sujet ici..

Il est vrai que certains instructeurs de Daito-ryu ont la désagréable habitude de dire que quiconque signe leur eimeiroku (英名録, livret d'inscription) devient automatiquement leur élève, même s'il n'a assisté qu'à un stage d'une journée. C'est de la politique et de la manipulation. En effet, peu de temps après, le propriétaire de l'eimeiroku peut brandir cette page et dire : « Regardez, cette personne est mon élève. Voici sa signature. »Dans Ce n'est pas nécessairement vrai : Le fantôme de Banquo, j’ai écrit : « C’est quelque chose qui semble endémique au sein du Daito-ryu. Horikawa connut cela lui-même. Parce qu’il avait déjà appris le Sekiguchi-ryu jujutsu de son père, Takeda Sokaku aurait directement commencé à lui enseigner les aspects Aiki du Daito-ryu plutôt que les techniques de jujutsu qui n’étaient pas si différentes de celles du Sekiguchi-ryu. Plusieurs décennies plus tard, Horikawa rendit visite à Sagawa Yukiyoshi, un autre élève avancé de Takeda, et demanda que celui-ci lui enseigne la partie jujutsu du Daito-ryu durant quelques jours. Sagawa demanda à Horikawa et ses élèves l’accompagnant de signer son eimeiroku et affirma par la suite que Horikawa était son élève ».

Il n'existe pas de preuve suggérant que Takeda Sokaku ait eu des conflits au sujet de l'argent avec aucun de ses autres élèves.

Dans un contexte japonais classique, un élève est une personne qui entreprend une forme d'initiation formelle (入門, nyumon). Par exemple, plusieurs milliers de personnes ont probablement participé à des stages d'arts martiaux auxquels j'ai enseigné au cours des trois dernières décennies, mais je n'ai eu que quelques dizaines d’élèves au cours de ma carrière. C'est une supposition de ma part, mais je pense qu'Ueshiba et Takeda auraient eu une compréhension similaire de la définition de ce qu'est un élève authentique, car tous les Japonais de cette période l'auraient compris. Pourquoi seraient-ils différents ?

En outre, certains instructeurs de Daito-ryu ont eu un grand nombre d’élèves. Matsuda Toshimi et Hisa TakumaHisa Takuma lui-même disait que Takeda Sokaku ne demandait pas des montants irraisonnables pour ses cours et qu'il n’était pas intéressé par l'argent. me viennent immédiatement à l’esprit. Même le solitaire Sagawa Yukiyoshi a enseigné à des dizaines de personnes et il a même à un moment supervisé un club universitaire. Pourtant, contrairement à l’affirmation de Stanley, il n'existe pas de preuve suggérant que Takeda Sokaku ait eu des conflits au sujet de l'argent avec aucun de ses autres élèves. Tous ces enseignants étaient-ils riches eux-mêmes, ou ne sélectionnaient-ils que des élèves fortunés ? Loin de là. Comment ces enseignants, dont certains vivaient dans des zones rurales pauvres et accueillaient des adolescents, des étudiants et des personnes ordinaires issus de la classe ouvrière, payaient-ils cette dette ? Dans aucune des nombreuses interviews disponibles les élèves et les successeurs de Takeda Sokaku ne se sont plaints de s’être endettés pour payer ce que Stanley affirmait être 260 dollars par têteNote d'Ellis Amdur et de Guillaume Erard : Lors d'une discussion qui a suivi cet article, nous avons discuté d'une autre déclaration à propos de Takeda, selon laquelle il facturait de l'argent pour chaque technique. Ceci est présente comme « de notoriété publique », principalement dans des articles parlant négativement de Takeda. En fait, Ellis Amdur lui-même fait allusion à cette affirmation de la page 181 de Hidden in Plain Sight. Nous avons en notre possession des documents tels que eimeiroku et le shareiroku de Takeda, où les frais pour ses séminaires sont enregistrés. En fait, aucun de nous n’a jamais vu un document établissant que Takeda a jamais facturé par technique. En attendant que de telles preuves soient présentées, nous considérons cela comme une autre déclaration non corroborée à propos de Takeda, qui est souvent utilisée comme une attaque contre son caractère..

Le plus important, cependant, Stanley avait-il raison d'affirmer que le prix d'entrée était si élevé ? Stanley et moi avions une relation chaleureuse et collégiale. C’était un chercheur méticuleux, alors que j’avais tendance à être assez iconoclaste, mais il s’intéressait toujours à mes points de vue et révisait parfois ses opinions après avoir soigneusement réfléchi à mes idées. À une exception près : une fois que Stanley a appris par quelqu'un que trois yens coûtaient si cher, il n'a plus jamais effectué de recherches supplémentaires et il était en fait réticent (aussi réticent à tout concept que je ne l'ai jamais trouvé) à l’idée que le taux de change aurait pu être différent.

Il existe un certain nombre de façons de mesurer la valeur d'une devise, et c'est un sujet assez complexe, en particulier en ce qui concerne le taux de change entre les monnaies et le coût de la vie à une époque différente. Pour comprendre la valeur de trois yens en 1922, j'ai choisi d'utiliser le « pouvoir d'achat absolu » comme métrique. Commençons par quelques faits :

  • Selon le taux de change officiel, trois yens étaient considérés comme équivalant à 1,50 dollar
  • Comme on peut le voir ici, trois yens valent environ 22 dollars en 2018.

Par ailleurs, selon le site Web des statistiques historiques, trois yens en 1922 pouvaient acheter la même quantité de biens de consommation et de services que 16,53 dollars en Suède en 2015.

Nous pourrions être plus méticuleux, mais il est assez clair que trois yens en 1922 auraient le pouvoir d'achat de 19-20 dollars aujourd'hui. Alors, qu'est-ce que Takeda pourrait acheter aujourd'hui avec ça ?

  • Trois cocktails dans un bar de la rue de l'hôtel à Honolulu
  • Quatre récipients de ½ litre de gelée à la pistache sicilienne
  • Une séance de trois à quatre minutes dans la salle principale d'un club de strip-tease à Pottstown, en Pennsylvanie
  • Six kilogrammes de riz koshihikari
  • Un ou deux fundoshi sur eBay

Les frais de stages sont aussi un indicateur de la valeur de l’argent aux yeux de Takeda Sokaku et d'Ueshiba Morihei. Ci-dessous, deux shareiroku (謝礼禄, fiches d'inscription aux stages) de Takeda Sokaku. Celui du haut énumère six personnes, dont Ueshiba Morihei, pour un prix total de 60 yens, et celui du bas énumère 21 personnes pour 210 yens, soit 10 yens par tête.Mes remerciements vont encore à Josh Gold, Guillaume Erard et Christopher Li..

Extrait du shareiroku de Takeda Sokaku pour le 5 mars 1915. Il est dit que six personnes, dont Ueshiba Morihei, ont suivi une formation à Hokkaido et que le groupe a payé 60 yen.

Extrait du shareiroku de Takeda Sokaku pour le 11 mai 1922. Il est dit que 21 personnes ont été formées à Ayabe et que le groupe a payé 210 yens.

Si on suivait les estimations initiales de Stanley Pranin, ce prix serait assez exorbitant, environ 790 euros par personne. Le deuxième stage aurait donc dégagé plus de 16 000 euros ! Cependant, au taux indiqué ci-dessus, cela ne représenterait que 50 euros par tête pour un stage de plusieurs jours, ce qui est plutôt raisonnable, bien plus que la plupart des stages d'arts martiaux d'aujourd'hui.

Combien Ueshiba facturait-il à ses élèves ? Dans « Les Mémoires d'Aikido de M. Kimura », il est écrit la chose suivante au sujet de sa formation dans les années 1930 : « Les frais de scolarité mensuels étaient de cinq yens. Nous étions grondés si nous venions remettre un billet de cinq yens nu. Nous le placions toujours dans un noshibukuro (袋, une enveloppe) et l’un des uchi-deshi le plaçait au-dessus du sanpo (宝, un petit support). Ensuite, les uchi-deshi le soulevaient au-dessus de leurs têtes et le plaçaient respectueusement devant l'autel. » Certes, Kimura s'est entraîné au cours de la décennie suivante, mais Takeda n'a jamais ajusté son kyoju dairi en fonction de l'inflation ou de la déflation. En fait, le yen a perdu une valeur considérable dans les années 1930 et cinq yens ne valaient plus que 21 dollars.

Ueshiba était censé offrir une somme dérisoire, un versement unique qui était en quelque sorte un signe de gratitude et de reconnaissance, plutôt qu'une source de revenus pour Takeda.

Les implications de ceci sont, à mon avis, énormes. En donnant à Ueshiba Morihei un kyoju dairi, Takeda Sokaku le certifie en tant qu’instructeur légitime, ce qui lui ouvrait tout un monde de possibilités. En contrepartie, Takeda s'attendait à ce que ce dernier lui promette un respect continu et l'engagement de poursuivre ses études (d'où ses visites à Ueshiba au cours des années 1920 et de la moitié des années 1930), et lui offre aussi une somme dérisoire lors d'un paiement ponctuel. Pour Takeda, cela devait être en quelque sorte une preuve de gratitude et de reconnaissance plutôt qu'une source de revenus.

Dans une version mythique de l'histoire, Takeda a piégé Ueshiba dans un dilemme inextricable. Il a demandé une somme par élève que peu de gens pouvaient se permettre. Si Ueshiba devait enseigner à des personnes autres que les riches, il allait devoir lui-même combler la différence, appauvrissant probablement sa propre famille. Pourtant, Ueshiba enseignait indéniablement le Daito-ryu, qu'il devait à Takeda Sokaku. Selon le mythe : il devait payer mais il ne pouvait pas payer. Ueshiba était pris au piège, il voulait offrir quelque chose de puissant et de transformatif au monde, mais il était empêtré dans une dette dont il ne pourrait jamais se libérer. Ainsi va l'histoire.

Ou alors, Takeda demandait ce qui semble être une petite somme, une simple taxe de propriété intellectuelle pour l’instruction qui permettait à ses kyoju dairi de nourrir leurs propres familles, d’élever leur statut social et de contribuer à la société. Grâce à Takeda, Ueshiba Morihei enseignait aux généraux et aux amiraux, aux paramilitaires d'un culte religieux, à la noblesse et même à la famille impériale, mais il ne paya pas à son professeur le montant promis. Soit il s'est arrêté à un moment donné, soit il n'a jamais payé quoi que ce soit.

En fin de compte, je suis sûr qu’il y a beaucoup de choses non dites, non écrites et mal comprises dans cette histoire. La vérité dans de tels conflits se trouve véritablement dans les zones d'ombre entre les individus. Néanmoins, je crois que Takeda Sokaku a été décrit de manière injuste dans le « mythe standard » et que son amertume envers son élève était plus justifiée que l’histoire de l’origine de l’Aïkido ne le suggère.

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À-Propos

Site officiel de Guillaume Erard, auteur, instructeur et vidéaste résident permanent au Japon - 5e Dan Aïkido du Hombu Dojo de l'Aïkikai de Tokyo / 5e Dan Kyoshi (professeur) de Daïto-ryu Aïki-jujutsu du Shikoku Hombu Dojo.